Le Parlement européen vote la création d’une commission d’enquête sur le logiciel espion Pegasus

Le Parlement européen a voté ce 10 mars la création d’une commission d’enquête spéciale sur l’utilisation présumée dans l’UE, notamment en Hongrie et en Pologne, du logiciel espion israélien Pegasus ou d’autres logiciels de surveillance.

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Le Parlement européen en 2019. Crédit: Thomas Savage/TelQuel

Cette commission, décidée par 635 voix d’eurodéputés réunis en session plénière à Strasbourg (36 contre et 20 abstentions), “se penchera sur les violations supposées de la législation européenne, y compris par la Hongrie et la Pologne, concernant l’utilisation du logiciel de surveillance”, a expliqué le Parlement européen.

Elle doit aussi analyser les législations nationales en matière de surveillance et vérifier “si le logiciel espion Pegasus a été utilisé à des fins politiques à l’encontre notamment de journalistes, de personnalités politiques ou d’avocats”.

Demandée par de nombreux eurodéputés, cette commission est mise en place sur proposition de la conférence des présidents, rassemblant la présidente du Parlement européen, Roberta Metsola et les présidents de groupes politiques. Elle comptera 38 membres et a douze mois pour rendre son rapport final et émettre des recommandations.

Des centaines de figures publiques espionnées

En juillet 2021, un consortium de médias internationaux a révélé que les numéros d’au moins 180 journalistes, 600 hommes et femmes politiques, 85 militants des droits humains ou encore 65 chefs d’entreprise avaient été espionnés via le logiciel Pegasus de la société privée israélienne NSO.

Cet outil informatique, considéré comme une “arme” par la défense israélienne qui doit donner le feu vert à son exportation, permet d’activer à distance les caméras et les micros d’un smartphone.

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En novembre 2021, un député du parti Fidesz au pouvoir en Hongrie, Lajos Kosa, a confirmé que son pays avait utilisé Pegasus, tout en affirmant que cela n’avait pas servi à espionner illégalement des citoyens hongrois.

En Pologne, le président du Parti droit et justice (PiS) au pouvoir Jaroslaw Kaczynski a admis le 7 janvier que son pays avait acheté le logiciel d’espionnage, mais rejeté les accusations selon lesquelles il était utilisé contre l’opposition politique.