Stress hydrique et sécheresse : Nizar Baraka fait le point

La situation hydrique du Maroc a fait l’objet d’un exposé du ministre de l’Équipement et de l’Eau, Nizar Baraka, ce mardi devant la Commission des infrastructures, de l’énergie, des mines et de l’environnement à la Chambre des représentants.

Par

Nizar Baraka, ministre de l’Équipement et de l’Eau. Crédit: MAP

Le ministre a indiqué que les retenues des barrages dans le royaume avaient atteint, à fin février dernier, environ 5,3 milliards de mètres cubes (m3), soit un taux de remplissage de l’ordre de 32,7 % contre 49,1 % à la même période l’année dernière.

Le taux de pluviométrie enregistré à fin février dernier est en recul par rapport à la même période de l’année dernière, se situant entre 30 et 50 % au niveau des bassins hydrauliques Guir-Ziz-Rheris et Draâ Oued Noun, et entre 60 à 70 % dans les bassins du Loukous, du Bouregreg et Sakia El Hamra-Oued Eddaheb et entre 71 à 80 % au niveau des bassins Souss-Massa, Tensift, Oum Er Rbia et le Moulouya.

Un déficit de 89 %

Le volume total de mobilisation des ressources en eau enregistré dans l’ensemble des barrages dans le royaume s’est chiffré à 732 millions de m3 durant la période allant du 1er septembre 2021 au 28 février dernier, soit un déficit de l’ordre de 89 % par rapport à la moyenne annuelle, a détaillé Nizar Baraka.

Les retenues actuelles des barrages permettront d’alimenter dans des conditions normales toutes les grandes villes, à l’exception des agglomérations urbaines relevant des bassins hydrauliques de la Moulouya, Oum Er Rbia, Tensift et Guir-Ziz-Rheris, lesquelles villes pourraient connaître certaines difficultés au niveau de leur approvisionnement en raison des retenues faibles des barrages basés dans ces bassins à l’heure actuelle.

Aujourd’hui, le Maroc connaît de manière récurrente des périodes de sécheresse, une situation critique qui n’est pas sans poser de lourds problèmes pour les périmètres irrigués, et qui nécessite une adaptation au changement climatique pour réduire les risques de catastrophes liés à la sécheresse.

À cet égard, Nizar Baraka et son département, en coordination avec l’ensemble des intervenants, ont pris une batterie de mesures urgentes pour garantir l’alimentation en eau potable au niveau de toutes les zones relevant de ces bassins, et ce, pour un coût de 2,42 milliards de dirhams dont 1,318 milliard de dirhams pour le bassin de la Moulouya, 202 millions de dirhams pour l’Oum Er Rbia et 522 millions de dirhams pour le Tensift.

à lire aussi

Il s’agit également de la mise en place de cellules de veille dans toutes les provinces et préfectures affectées par une pénurie en eau, de l’accélération des travaux d’alimentation des centres ruraux et douars grâce à un système hydrique durable inscrit dans le cadre du programme national d’approvisionnement en eau potable et d’irrigation 2020-2027, ainsi que du renforcement des opérations de prospection des nappes à travers la réalisation de forages destinés à l’exploitation des eaux souterraines, en plus de l’économie en eau et la lutte contre les déperditions, notamment dans les réseaux de drainage et de distribution.

Le ministre a indiqué que le programme national d’approvisionnement en eau potable et d’irrigation 2020-2027 prévoyait un volet spécial en faveur du renforcement de ce chantier, doté d’une enveloppe budgétaire d’environ 27 milliards de dirhams, avant de préciser que ce volet visait à généraliser l’accès à l’eau potable en milieu rural à travers des projets structurants et la lutte contre la précarité dans certaines régions.

Pour ce faire, Nizar Baraka a évoqué l’accélération des travaux d’un nombre important de projets concernant 820 centres ruraux et plus de 18.000 douars.