La DIDH annonce sa nouvelle stratégie en matière de protection des droits humains

La Délégation interministérielle aux droits de l’Homme (DIDH) a annoncé sa stratégie en matière de protection des droits humains.

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Le délégué interministériel aux droits de l'Homme Ahmed Chaouqui Benyoub réfutant dans son rapport sur le Hirak “toutes les accusations émises à l’encontre des forces de l’ordre concernant la violation des droits de l’Homme”, le 12 juillet 2019. Crédit: Rachid Tniouni / TelQuel

Cette stratégie vise, selon un communiqué de la Délégation interministérielle aux droits de l’Homme (DIDH), la création d’un espace dédié à l’interaction et au dialogue avec les organisations et associations de la société civile concernées par la protection des droits de l’Homme, afin de contribuer à la formulation de propositions et de solutions pratiques aux questions qui font l’objet des préoccupations soulevées dans le rapport de l’Examen spécial sur la protection des droits de l’Homme, présenté en décembre dernier par la DIDH, ou celles pressantes au vu de son actualité.

Elle vise aussi le lancement, cette semaine, d’un portail électronique baptisé “Tafa3oul” (interaction), réservé à la réception et au traitement des plaintes, objet des questions posées par le rapport de l’Examen spécial.

Le harcèlement sexuel au travail dans le viseur

La délégation envisage notamment, à travers sa stratégie, d’engager des consultations autour de la question du harcèlement et des agressions sexuelles contre les femmes dans le milieu professionnel, public et privé, en tant que première problématique dans le cadre du dialogue et de l’interaction avec les associations concernées par la lutte contre les violences masculines.

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Elle vise également le lancement d’un appel d’offres pour la conclusion de partenariats avec des organisations et associations de la société civile, afin d’élaborer des rapports inhérents à la protection des droits civils et politiques, ainsi que le lancement d’un programme de formation avec les associations, selon les normes reconnues dans le domaine de la protection des droits humains, avec une mise en œuvre prévue à partir de mai prochain.

En parallèle, cette stratégie prévoit le lancement d’un programme de formation dans le domaine de la protection des droits humains, avec des acteurs actifs sur les médias sociaux, et l’inclusion de la dimension de protection parmi les différentes préoccupations de la conférence scientifique universitaire constitutive sur les droits de l’Homme, prévue fin avril prochain.

Droit pénal : la DIDH va donner son avis

La DIDH entend également contribuer à l’amélioration du système juridique de protection des droits humains, en donnant un avis sur les projets de textes législatifs prioritaires en matière de protection et qui ont enregistré un retard après la promulgation de la Constitution de 2011, notamment à l’occasion de la révision du Code de procédure pénale et du Code pénal, de l’abolition du mariage des mineurs, de la réduction de la peine de mort, de la pénalisation des agressions sexuelles contre les femmes et les enfants, et de la révision du droit des associations, en vue de veiller à ce que ces textes soient conformes aux principes, dispositions et exigences de la Constitution.

Cette stratégie a été élaborée sur la base du contenu du message royal délivré à l’occasion du 70e anniversaire de l’adoption de la Déclaration universelle des droits de l’Homme, qui accorde une attention particulière à la promotion de la protection des droits humains.

(avec MAP)