Obligation du pass sanitaire et troisième dose de vaccin : les explications du Dr Said Afif

Deux décisions majeures dans la lutte contre la pandémie ont été prises le 1er octobre : l’allègement des mesures sanitaires et le lancement de l’inoculation de la troisième dose de vaccin anti-Covid. Dr Said Afif apporte des éclaircissements.

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Pascal Pochard-Casabianca / AFP

L’allègement attendu des mesures sanitaires a été officialisé le 1er octobre. Parmi les mesures phares, le réduction de la durée du couvre-feu de 23 h à 5 h, et la réouverture des salles de sport et des hammams.

Mais, contrairement à ce qui était attendu, l’obligation de présenter un pass sanitaire n’a pas été généralisée, mis à part pour la circulation intervilles. Le gouvernement a également annoncé, dans la foulée, le lancement de l’inoculation de la troisième dose aux personnes ayant reçu la deuxième il y a plus de six mois.

Le pass sanitaire sera-t-il généralisé dans le futur ? Pourquoi une troisième dose et quelles sont les combinaisons possibles ? Nous avons interrogé le docteur Said Afif, membre du Comité scientifique et technique de vaccination anti-Covid-19.

TelQuel : Pourquoi l’utilisation du pass sanitaire n’a-t-elle pas été généralisée lors de l’allègement des mesures restrictives ?

Said Afif : À ce jour, 76 % de la population cible a reçu au moins une dose de vaccin. Dans deux semaines, ces personnes seront totalement vaccinées. Ce jour-là, nous pourrons parler de pass sanitaire, car ce serait injuste de l’imposer aujourd’hui alors que tout le monde n’a pas encore eu accès à la deuxième dose. Je cite l’exemple de la France, qui a décidé d’imposer ce pass très tôt, alors que plusieurs personnes n’étaient pas encore vaccinées, ce qui a créé d’énormes problèmes.

Said Afif, membre du Comité scientifique et technique.Crédit: DR

Par ailleurs, je tiens à préciser que nous avons réussi à alléger les mesures sanitaires grâce aux citoyens, qui ont fait preuve de discipline le jour des élections. Un mois après le 8 septembre, il n’y a toujours pas eu de flambée.

Nous espérons qu’avec la rentrée scolaire et la réouverture des cités universitaires, les mesures barrières seront toujours respectées.

Pourquoi imposer une troisième dose de vaccin aujourd’hui ?

Le Comité scientifique et technique, présidé par le professeur Moulay Tahar Alaoui, se réunit chaque semaine, étudie les actualités scientifiques en matière de vaccination et les enseignements tirés de la troisième vague. Nous avons constaté que plus le temps passait après la deuxième dose, moins l’immunité était forte.

Nous avons aussi constaté que les personnes souffrant de maladies chroniques restaient également exposées, et conclu qu’il était nécessaire de booster l’immunité contre le Covid, comme cela a été fait dans plusieurs autres pays.

Toutes nos décisions sont basées sur des faits scientifiques. La troisième dose sera administrée en priorité aux personnes âgées, au staff médical et sécuritaire. Ce sont ces personnes qui ont reçu leur deuxième dose il y a plus de six mois.

Pouvez-vous nous apporter des éclaircissements sur les différentes combinaisons des doses de vaccin ?

Les études montrent qu’il est, par exemple, possible de recevoir une dose de Pfizer après deux doses d’AstraZeneca ou de Sinopharm. Il est également possible de recevoir une troisième dose du même vaccin.

Concernant le vaccin Janssen de Johnson&Johnson, une deuxième dose de rappel sera inoculée six mois après la première.

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