Documentaire : “Couscous Swell”, une histoire du surf au Maroc

“Swell”, la houle en anglais, alliée au mot couscous : on ne pouvait trouver plus parlant pour un titre de documentaire sur le surf au Maroc.

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Rayane Hatimi et Hamza Bennani se sont penchés sur la question du surf au Maroc, par passion d’abord, mais surtout par questionnement : “Pourquoi un pays avec de telles côtes, de si nombreux spots de surf, sort si peu de professionnels reconnus de ce sport ?” Résultat, un film documentaire de 43 minutes qui devrait faire des vagues.

Grains de sable et d’image

Il a fallu deux ans pour concrétiser ce projet entre sa préparation, la post-production et le tournage qui aura duré trois mois, et enfin la sortie du documentaire en mars 2021. Dès les premières secondes, le ton est donné, le grain de l’image rappelle les films de vacances de familles californiennes des seventies. Nous sommes cependant bien au Maroc en 2021, et les premiers plans sentent le sable, l’iode, la fraîcheur de l’océan mais aussi la joie, les souvenirs, la nostalgie.

Entre les scènes de surf et de vie sur les plages de l’Atlantique apparaissent des visages, connus des passionnés et des professionnels du milieu, mais loin de l’être pour tous. Il y a Aboubakar Bouaouda, un des talents de cette génération montante du surf marocain. Originaire du village de Dar Bouazza, son histoire est aussi inspirante que touchante.

Il y a ensuite Abdel El Harim, l’autre personnage principal suivi dans le film, et l’un des premiers surfeurs à avoir représenté le Maroc dans les compétitions internationales pour se retirer ensuite du milieu professionnel. On peut voir aussi des images d’archives, d’autres où l’on reconnaît Ramzi Boukhiam (présent aux derniers J.O de Tokyo) ou Bachir Kindi et, en invités surprise, les surfeurs Joel Parckinson et Mick Fanning, tous deux australiens.

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L’autre personnage incontournable du film, c’est la musique. Rayane et Hamza ont choisi 20 titres pour accompagner leurs 43 minutes de film. Elle est omniprésente, comme dans la communauté surf et skate. Parmi ces 20 titres, 4 sont des créations originales de l’artiste marocain Saad Elbaraka, que Rayane Hatimi a découvertes grâce à Instagram.

Les influences indies, folk et alternatives de Saad l’ont tout de suite conquis. C’était ce qu’il entendait déjà sur ses images. Tous deux souhaitaient une bande originale qui sorte des clichés de la musique gnawa lorsqu’il s’agit du Maroc, ou des Beach Boys lorsque l’on parle de surf californien.

Faire des vagues

De nombreux talents marocains peinent à se faire un nom et à gagner leur vie de leur passion

Les deux passionnés de cinéma et de surf que sont Hamza Bennani et Rayane Hatimi avaient ce rêve de rendre hommage à ce sport au Maroc depuis leur plus jeune âge, inspirés par les grands films autour du sujet qu’ils ont pu visionner. On pense bien sûr à l’incontournable Point Break.

3500 kilomètres de côtes, des stars internationales du surf qui viennent profiter des vagues et du soleil marocain, une reconnaissance mondiale des spots… et pourtant, les nombreux talents vivant sur place ont peu voire aucune visibilité. C’est à eux que Hamza et Rayane ont voulu donner la parole.

“Donc ouais, ce sport n’est pas soutenu dans ce pays”

Localement, le surf jouit d’une exposition et d’une popularité exponentielle, on ne compte plus les écoles de surf qui fleurissent au bord des plages, les séjours alliant surf et yoga et même les magasins d’équipements, mais de nombreux talents marocains peinent à se faire un nom et encore plus à gagner leur vie de leur passion, comme beaucoup de leurs confrères étrangers.

Selon le binôme derrière Couscous Swell, les obstacles sont nombreux. Il y a les freins structurels au développement, un certain manque de reconnaissance des médias (internationaux et nationaux) et donc une visibilité à grande échelle quasi inexistante.

Le documentaire s’apparente à un carnet de voyage, un mémoire même, comme le disent Rayane et Hamza. Ils ajoutent à propos de ce premier film : “C’est aussi et surtout une histoire (ou une série d’histoires) qui rappelle les raisons pour lesquelles nous aimons tant cet acte étrange qu’est le surf, et de ce que la passion peut faire à une âme.

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