Les plus anciens colliers de perles au monde découverts au Maroc

Une équipe internationale d'archéologues, dont certains de l'Institut national des sciences de l'archéologie et du patrimoine de Rabat, a mis au jour, près d'Essaouira, des perles de coquillage datant de 142.000 à 150.000 ans. Si leur datation se précise, ces perles servant à orner les vêtements ou le corps pourraient être les plus anciennes jamais découvertes dans le monde.

C’est sur le site préhistorique de Bizmoune, à 14 kilomètres d’Essaouira, que les 33 perles de coquillage ont été découvertes. Excavées entre 2014 et 2018, leur datation indiquerait que leur âge serait compris entre 142.000 et 150.000 ans, ce qui ferait de ces perles de coquillage les plus anciennes jamais découvertes dans le monde, selon un article détaillé paru le 22 septembre dans la revue Science Advances.

À l’origine de cette découverte, une équipe internationale de 26 chercheurs dont deux archéologues de l’Institut national des sciences de l’archéologie et du patrimoine de Rabat (INSAP) aux côtés de leurs collègues des États-Unis, d’Espagne, d’Allemagne, du Royaume-Uni et de France. Leur découverte indique que les perles étaient perforées pour en faire des parures sur les vêtements ou des bijoux d’apparat.

Les chercheurs voient dans l’utilisation de ces perles une forme humaine de communication non verbale destinée à marquer l’identité ou l’appartenance. D’autre part, ces colliers de perles renseignent sur une évolution des capacités cognitives et des interactions humaines qui se sont ensuite généralisées à toute l’Afrique du nord. Toujours est-il que si l’âge de ces perles se confirme, le site de Bizmoune abriterait les plus anciennes parures de perles du monde.

Avant cette découverte, les premières perles de coquillages connues provenaient de la grotte des Contrebandiers (Témara) et d’El Mnasra (Kénitra), datées de 103.000 et 122.000 ans. D’autres perles de coquillage trouvées dans la grotte de Skhul en Israël, sont datées d’entre 100.000 et 135.000 ans. Cette nouvelle découverte conforte le Maroc comme site archéologique d’intérêt pour les chercheurs.

La semaine dernière déjà, des chercheurs mettaient au jour les plus anciens outils de fabrication de vêtements, datés de 120.000 ans, dans la grotte des Contrebandiers près de Témara. Les artéfacts découverts servaient à la transformation de peaux et de fourrures d’animaux en vêtements. A ce jour, c’est la plus ancienne preuve de l’existence de vêtements dans le monde.

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