Covid-19 : le ministère de la Santé suspend l’autorisation des autotests salivaires Gigalab

Une nouvelle décision émanant du ministère de la Santé annonce suspendre le certificat d’enregistrement des autotests salivaires produits par la société marocaine Gigalab. Ils ont été retirés du marché.

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Retirés des pharmacies en juin dernier sous la pression des laboratoires, ces tests rapides étaient de retour dans les pharmacies depuis une semaine. Crédit: DR

Suite et fin autour des controversés autotests salivaires produits par Gigalab ? Trois mois après avoir été enregistré, le ministère de la Santé vient d’annoncer la suspension du certificat d’enregistrement du test salivaire “Gigalab Covid 19 Ag Gold Salive” et donc son retrait du marché.

Dans un document signé par Khalid Aït Taleb, le ministère appelle le laboratoire à “retirer sans délai le produit” du marché et l’appelle à “informer tous les professionnels de santé de la suspension du certificat d’enregistrement dudit réactif”.

Suspension éclair

Le feuilleton continue donc autour de ces tests produits par une société marocaine. Un temps disponibles dans les officines, ces produits ont été rapidement retirés des étagères suite à un courrier de la Direction du médicament et de la pharmacie (DMP) à l’adresse de l’Ordre des pharmaciens.

Le test salivaire rapide a une durée de validité sous emballage allant jusqu’à deux ans et doit être conservé dans une température entre 2°C à 30°C, selon Karim Zaher, fondateur de Gigalab.

Raison invoquée alors : “Il a été constaté que le réactif à usage de diagnostic in vitro Gigalab Covid-19 Ag Gold Salive de l’établissement Gigalab a été mis en vente dans les officines à travers les établissements pharmaceutiques grossistes répartiteurs, et ce, sans autorisation du ministère de la Santé”, d’après la missive signée par la directrice du département, Bouchra Meddah, et datée du 14 juillet.

Marché parallèle

Nous avons eu l’autorisation signée par Monsieur le ministre pour commercialiser le produit au Maroc. On a commencé à vendre et après deux semaines, j’ai été étonné de l’intervention du lobby des laboratoires qui font le PCR”, expliquait à TelQuel le fondateur et président-directeur général de Gigalab, Karim Zaher.

Et d’ajouter : “La DMP a réagi facilement pour tuer une société qui, normalement, doit être encouragée pour sa production locale, selon la vision de Sa Majesté. On a un produit qui est unique à l’échelle africaine, au lieu de l’encourager, on le bloque, alors qu’on a aujourd’hui beaucoup de clusters.” 

Cette nouvelle décision du ministère de la Santé intervient également dans un contexte de polémique au sujet des tests rapides de dépistage du Covid-19 depuis plusieurs semaines. Depuis le retrait des pharmacies, et dans un contexte de forte hausse des cas de contamination au coronavirus, ces kits d’autotests salivaires ont été particulièrement plébiscités, notamment sur le marché parallèle. L’offre a alors essaimé sur de nombreuses pages de revendeurs sur les réseaux sociaux. Leur prix fixé en pharmacie était alors de 100 dirhams pour ce type de test (acheté par les officines à 70 dirhams).

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Ce lundi 23 août, le ministère de la Santé a également décidé d’exclure les pharmacies d’officine les structures habilitées à réaliser des tests antigéniques rapides. Et de conforter en parallèle les laboratoires de biologie médicale, des secteurs public et privé, désormais entièrement habilités à “réaliser tout type d’examens biologiques de dépistage et de diagnostic de l’infection par le SARS-CoV-2, qu’ils soient de biologie moléculaire, antigéniques ou sérologiques, conformément au cahier des charges”.

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