Après son licenciement pour harcèlement sexuel, Moncef Slaoui s’excuse auprès de son accusatrice

Moncef Slaoui signe des aveux à demi-mot. Dans une déclaration écrite, le chercheur maroco-américain présente des excuses à l’employée de GSK qui l’accuse de harcèlement sexuel. Cette dernière affaire avait précipité son licenciement de Galvani Bioelectronics, société de recherche médicale détenue majoritairement par GSK.

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Moncef Slaoui lors de sa nomination par Donald Trump à la tête de l'opération "Warp Speed" chargée de trouver un vaccin contre le Covid-19, à la Maison Blanche, le 15 mai 2020. Crédit: Drew Angerer / Getty Images

Désormais, le chercheur marocain dit prendre congé de toute activité professionnelle et se rapprocher de sa famille. Mais avant, Moncef Slaoui a tenu à faire amende honorable face aux accusations de harcèlement sexuel qui ont conduit à son éviction de Galvani Bioelectronics.

Dans une déclaration écrite, rendue publique quelques heures après son licenciement, Moncef Slaoui présente des excuses à la femme qui l’accuse dans une lettre envoyée au géant pharmaceutique GSK.

“Détresse causée”

“J’ai le plus grand respect pour mes collègues et je suis désolé que mes actions aient mis une ancienne collègue dans une situation inconfortable. Je tiens à m’excuser sans réserve auprès de l’employée concernée et je suis profondément désolé pour toute détresse causée”, énonce l’ancien président du conseil d’administration de Galvani Bioelectronics, société spécialisée dans la recherche médicale.

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Déjà début janvier, sur fond de désaccords avec l’ancienne administration sur la gestion de la pandémie, Joe Biden avait remercié Moncef Slaoui pour son fauteuil de chef de l’opération Warp Speed, initiée par Donald Trump pour accélérer la production d’un vaccin anti-Covid. La “tête chercheuse de Trump” n’aura piloté ce projet d’envergure que huit mois.

Quant à son licenciement de Galvani Bioelectronics, l’affaire est plus grave. Mercredi 24 mars, citant les résultats préliminaires d’une enquête interne ayant corroboré les faits imputés, le groupe pharmaceutique britannique GSK avait annoncé le licenciement du Dr Slaoui et son remplacement dans la foulée par Christopher Corsico.

Volet judiciaire ?

La lettre, “contenant des allégations de harcèlement sexuel et de conduite inappropriée envers une employée de GSK”, situait l’affaire des années auparavant, alors que Moncef Slaoui était employé chez GSK. “Les comportements du Dr Slaoui sont totalement inacceptables. Ils représentent un abus de sa position de leader, violent les politiques de l’entreprise et sont contraires aux valeurs fortes qui définissent la culture de GSK”, avait alors fermement réagi le groupe pharmaceutique britannique dans un communiqué.

“Je travaillerai dur pour me racheter avec tous ceux que cette situation a impactés”

Moncef Slaoui

“L’entreprise attend de tout le monde chez GSK qu’il se comporte conformément à ses valeurs, en particulier ses dirigeants pour lesquels ses standards sont le plus élevés. Le harcèlement sexuel et tout abus de position de leader sont strictement interdits et ne seront pas tolérés”, complète la même source.

Sur la seconde partie de sa déclaration d’excuses, le chercheur américain d’origine marocaine s’adresse à son épouse et à sa famille. “Je voudrais également m’excuser auprès de ma femme et de ma famille pour la douleur que cela leur a causée. Je travaillerai dur pour me racheter avec tous ceux que cette situation a impactés.”

“Je prends un congé de mes responsabilités professionnelles actuelles avec effet immédiat, pour me concentrer sur ma famille”, écrit encore Moncef Slaoui. Reste à savoir si ces excuses le sauveront d’un volet judiciaire à cette affaire.