Secteur de l’événementiel : l’heure du dépôt de bilan ?

Une étude du Groupement professionnel des prestataires de l’événementiel au Maroc (GPPEM) sur l’impact de la pandémie sur le secteur de l’événementiel a été publiée le 10 février. Le secteur a connu, pour 93,5 % de ses acteurs, la pire conjoncture de son histoire. Un temps difficile propice au bilan mais aussi à l’espoir d’une reprise.

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60 % des professionnels de l'événementiel sondés n’ont aucune visibilité commerciale pour les prochains mois. Crédit: Rachid Tniouni / TelQuel

Le secteur de l’événementiel souffre en silence. L’étude du Groupement professionnel des prestataires de l’événementiel au Maroc (GPPEM) est une tentative de mettre en lumière cette période noire que traverse le secteur, et de proposer quelques solutions. Sur un échantillon de 206 professionnels dans les différentes régions du pays, l’étude montre que 57 % d’entre eux ont connu une baisse de 75 % de leur chiffre d’affaires.

Un secteur dévasté

Le constat est unanime : la pandémie a été synonyme de pire période pour l’événementiel. Ce secteur clé du développement au Maroc a, selon l’étude du GPPEM, enregistré une réduction des effectifs de près de 55 %. Ainsi, pour 87,5 % des professionnels sondés, leur situation est pire que les autres secteurs de l’économie.

35 % des entreprises opérant dans l’événementiel ont décidé de baisser le rideau

À situation dramatique, mesures drastiques. La liquidation du matériel est une tendance qui a été envisagée par 23,5 % des représentants d’entreprises de l’événementiel qui ont mis en vente une partie ou l’ensemble de leur matériel. La vente par nombre de prestataires de leurs biens immobiliers et mobiliers a donc été une option de dernier recours.

Pour certains, il s’agissait de complètement arrêter l’activité. C’est le cas de 22,5 % des professionnels interrogés, qui affirment avoir pensé à arrêter leur activité après le confinement, tandis que 35 % des entreprises opérant dans l’événementiel ont décidé de baisser le rideau.

Limiter la casse

Comment pallier cette crise jamais vue dans l’événementiel ? L’étude du GPPEM montre que c’est vers les demandes de crédits que les professionnels se sont tournés. Ainsi, les entreprises du secteur ont recouru massivement au crédit bancaire qui a concerné Damane Oxygène pour 30 % des demandeurs interrogés, et Damane Relance pour 20 %.

Des aides de la CNSS ont aussi été octroyées, et 63 % des professionnels sondés affirment en avoir bénéficié. Une aide jugée dérisoire. En effet, pour 97,5 % d’entre eux, l’aide de la CNSS aux salariés est insuffisante. Les crédits Damane ont aussi été taxés d’insuffisants par une écrasante majorité qui pense que le montant accordé ne peut couvrir les frais de la pandémie.

Il ressort de ces chiffres (crédits et aides publiques) qu’une bonne partie des acteurs de l’événementiel ont “privilégié les recours domestiques, aide familiale et amis, pour renflouer leur trésorerie”, indique le communiqué de la GPPEM.

Toutes les parties prenantes de l’événementiel affirment, à près de 60 %, n’avoir aucune visibilité commerciale pour les prochains mois. Mais l’espoir d’une reprise est encore vif.

Agir vite

Pour favoriser cette reprise, le GPPEM plaide pour certaines actions à mettre en place au plus vite. La consolidation des aides aux salariés serait un premier pas pour sortir la tête de l’eau. L’exonération totale des charges fiscales et sociales pour les exercices 2020/2021 est également à renforcer, tout comme l’octroi de crédits sans intérêts.

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L’évolution possible du métier de l’événementiel vers le virtuel et l’hybride est aussi l’une des recommandations phares proposées par le GPPEM. Toutefois, 88,5 % des professionnels sondés pensent que ces solutions ne constituent qu’un palliatif provisoire pour faire face à une situation de crise, n’imaginant pas leur métier se passer de présentiel.

Malgré ces hésitations, l’état d’esprit reste positif : 57,5 % des sondés se disent optimistes quant à l’avenir du métier dans un futur proche. Une résilience face à l’épreuve, mais “à la limite du supportable aujourd’hui”, conclut l’étude.

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