Couverture vaccinale : les prévisions peu réjouissantes de “The Economist”

Selon un rapport publié fin janvier par “The Economist”, le Maroc, à l’instar d’autres pays à revenu intermédiaire, ne pourrait achever sa couverture vaccinale anti-Covid qu’en 2022.

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Le corps médical de plus de 40 ans et les personnes âgées de plus de 75 ans sont prioritaires. Crédit: Yassine Toumi / TelQuel

Ce sont des prévisions peu réjouissantes que vient de dresser l’Economist Intelligence Unit (EIU), une entreprise de consulting liée à l’hebdomadaire britannique The Economist. Dans un rapport publié le 27 janvier, intitulé “Vaccins contre le coronavirus : attendez-vous à des retards – Prévisions mondiales au 1er trimestre 2021”, l’entreprise estime que malgré le déploiement des vaccins anti-Covid un peu partout dans le monde, la vaccination de masse prendra du temps, notamment dans les pays en développement et les pays pauvres.

L’EIU estime ainsi que la majeure partie de la population adulte des économies avancées sera vaccinée à la mi-2022. Pour les pays à revenu intermédiaire, dont fait partie le Maroc, ce calendrier sera allongé à fin de 2022 ou début 2023. Pour les économies les plus pauvres, la vaccination de masse s’étendra jusqu’en 2024. Des prévisions loin des annonces faites par le gouvernement marocain, qui espère vacciner au moins 80 % de sa population adulte en trois mois, soit d’ici le mois d’avril 2021.

Quand la couverture vaccinale sera-t-elle achevée à travers le monde ? Source : Economist Intelligence Unit

La demande dépasse l’offre

Selon l’EIU, la production des vaccins représente le principal obstacle à cette vaccination de masse, puisque de nombreux pays ont précommandé plus de doses que nécessaire. Ainsi, sur les 12,5 milliards de doses que les principaux producteurs de vaccins se sont jusqu’à présent engagés à produire en 2021, 6,4 milliards ont déjà été précommandées, la plupart par des pays riches. Le Canada, par exemple, a obtenu des approvisionnements équivalant à cinq fois sa population, et Israël aurait payé beaucoup plus que les autres pays pour sécuriser les doses du vaccin Pfizer.

La demande de vaccin dépassera de loin l’offre pendant au moins plusieurs mois cette année

Economist Intelligence Unit

“Les gouvernements du monde entier sont conscients que même si les entreprises augmentent leur production et planifient les expéditions, la demande de vaccin dépassera de loin l’offre pendant au moins plusieurs mois cette année”, prévoit l’EIU. Les coûts associés aux programmes de vaccination seront également importants, “en particulier pour les pays moins développés ayant des ressources fiscales limitées”, souligne la même source.

Autre contrainte : l’apparition de variants du virus, qui font craindre une efficacité moindre des vaccins actuels. Même si ceux-ci peuvent être modifiés, les campagnes de vaccination devraient dans ce cas être répétées régulièrement, par exemple annuellement, comme c’est le cas pour les vaccins contre la grippe.

Le fonds Covax à la traîne

Enfin, certains pays à revenu intermédiaire et la plupart des pays à faible revenu devront également s’appuyer sur le fonds Covax, initiative menée par l’OMS qui vise à obtenir 6 milliards de doses de vaccin pour les pays les plus pauvres du monde.

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Les 2 premiers milliards seront donnés en 2021, principalement aux agents de santé (les doses de Covax ne couvrent que 20 % de la population de chaque pays)”, rappelle l’EIU qui estime que la distribution de ces doses pourrait prendre du temps, surtout si des retards dans la production et la livraison dans les pays plus riches repoussent les dates de livraison pour les pays plus pauvres.

“Étant donné que des problèmes inattendus dans l’approvisionnement des doses se sont déjà produits dans la plupart des pays développés, il est probable que les pays en développement avec des infrastructures médiocres, peu de personnel médical et une réfrigération inadéquate trouvent le déploiement encore plus difficile”, estime le rapport.

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