Vaccins anti-Covid : où en sont les principaux laboratoires pharmaceutiques ?

La course contre-la-montre est lancée. Alors que le Maroc se prépare à une vaccination massive dans les prochaines semaines, tour d’horizon de l’avancée des campagnes de vaccination dans le monde, en fonction du vaccin utilisé.

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Photo d'illustration Crédit: AFP

Une cinquantaine de pays ont entamé leur campagne de vaccination contre le nouveau coronavirus, un an à peine après la première alerte lancée par les autorités chinoises auprès de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Cinq vaccins différents sont administrés.

Sinopharm 

La Chine est actuellement en phase de finalisation des essais pour cinq vaccins différents. Concernant le vaccin Sinopharm CNBG, celui commandé par le Maroc et pour lequel le royaume a participé aux essais cliniques, il afficherait un taux d’efficacité de 79 %.

Le vaccin développé par le laboratoire chinois Sinopharm CNBG, basé à Wuhan. À ce jour, près de cinq millions de Chinois ont été vaccinés.

L’agence chinoise du médicament a annoncé jeudi 31 décembre avoir approuvé le vaccin de Sinopharm. Mais ce vaccin, ainsi qu’un autre, le CoronaVac, sont déjà administrés aux populations les plus exposées depuis l’été dans le cadre d’un programme d’urgence. Ce sont des vaccins “inactivés”, c’est-à-dire qu’ils utilisent une méthode très classique faisant appel à un virus “tué”. La Chine a ainsi été le premier pays à lancer les vaccinations. À ce jour, près de cinq millions de Chinois ont été vaccinés.

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Sinopharm est aussi distribué depuis début décembre aux Émirats arabes unis et vient d’être approuvé par l’Égypte, tandis que le CoronaVac a été livré à l’Indonésie et devrait prochainement être distribué en Turquie, au Brésil et au Chili.

Pfizer-BioNTech 

Le vaccin américano-allemand, qui repose sur la technique dite “à ARN messager”, est celui qui est actuellement distribué dans le plus grand nombre de pays. Cette technique consiste à injecter dans l’organisme des brins d’instructions génétiques appelées ARN messager, c’est la molécule qui oriente les cellules de l’organisme vers ce qu’elles doivent fabriquer. Il a été autorisé dès le 8 décembre au Royaume-Uni, puis le 14 décembre au Canada et aux États-Unis, et enfin le 27 décembre dans toute l’Union européenne ainsi qu’en Suisse, en Serbie, en Norvège et en Islande. Il est aussi utilisé au Costa Rica, au Chili, en Israël, au Koweït, à Oman et au Qatar.

Pfizer-BioNTech est le vaccin qui dispose de la plus grande fiabilité, évaluée à 95 %, mais sa particularité est que les doses doivent être conservées à -70°C.Crédit: Ariana Drehsler / AFP

En Asie, Singapour a démarré sa vaccination mercredi 30 décembre avec ce même vaccin. Les autres pays du continent ne se pressent pas : si l’Inde, le Japon et Taïwan envisagent de débuter au premier trimestre 2021, les Philippines et le Pakistan attendront le deuxième trimestre, l’Afghanistan et la Thaïlande la mi-2021.

Pfizer-BioNTech est le vaccin qui dispose de la plus grande fiabilité, évaluée à 95 %, mais sa particularité est que les doses doivent être conservées à -70°C, ce qui rend très compliqués son stockage et son acheminement dans les pays en voie de développement.

Le vaccin Pfizer-BioNTech a déjà été injecté à plus d’un million d’habitants du Royaume-Uni depuis le lancement de la campagne de vaccination début décembre.

AstraZeneca-Oxford

Le Royaume-Uni est devenu ce lundi 4 janvier le premier pays au monde à déployer le vaccin contre le Covid-19 du groupe pharmaceutique AstraZeneca et de l’université d’Oxford, moins cher et plus facilement transportable, puisque la température d’un réfrigérateur lui suffit (2 à 8°C).

Le vaccin AstraZeneca-Oxford a l’avantage d’être relativement bon marché puisqu’il coûte environ 2,50 euros (environ 27 dirhams).Crédit: Justin Tallis / AFP

Les autorités britanniques ont commandé 100 millions de doses du vaccin d’AstraZeneca-Oxford, selon le ministère de la Santé. En Angleterre, des centaines de nouveaux centres de vaccination doivent ouvrir la première semaine de janvier, qui s’ajouteront aux 730 déjà en place.

Le vaccin AstraZeneca-Oxford a également été autorisé par l’Argentine ainsi que, dimanche 3 janvier, par l’Inde, ce qui va permettre à ce pays de 1,3 milliard d’habitants de démarrer une des campagnes de vaccination les plus massives du monde. L’Inde, où le Covid-19 a fait plus de 150.000 morts, veut immuniser jusqu’à 300 millions de personnes d’ici la mi-2021.

Le vaccin AstraZeneca-Oxford a l’avantage d’être relativement bon marché puisqu’il coûte environ 2,50 euros (environ 27 dirhams). Le Maroc a commandé 25 millions de doses de ce vaccin. L’un des pays les plus touchés en Europe avec plus de 71.000 morts, le Royaume-Uni a commandé 100 millions de doses du vaccin AstraZeneca-Oxford dont 40 millions disponibles d’ici à la fin mars.

AstraZeneca se dit capable de fabriquer trois milliards de doses de son vaccin à travers le monde en 2021.

Spoutnik V 

La Russie a rejoint les pays ayant entamé leur campagne très tôt, le 5 décembre, en commençant à vacciner les populations à risque avec le Spoutnik V, mis au point par son Centre national d’épidémiologie Gamaleya. Cette campagne de vaccination a été lancée avant même que la phase 3 des essais cliniques ne soit terminée.

Cinquante pays ont signé des contrats d’approvisionnement avec la Russie.Crédit: DR

L’efficacité annoncée de ce vaccin dit “vectorisé” est de 94 %. Depuis, ce vaccin a notamment été approuvé en Biélorussie et en Argentine, qui ont commencé leur campagne de vaccination le mardi 29 décembre. L’Algérie prévoit de leur emboîter le pas en janvier. En Asie, l’Inde en a commandé 100 millions, le Kazakhstan 2 millions. La Biélorussie et la Serbie font également partie des clients de la Russie.

Concernant la production, la Corée du Sud et l’Inde devraient prêter main-forte à la Russie. Le Fonds d’investissement direct russe, qui a financé la recherche du vaccin Spoutnik V et gère sa commercialisation, a annoncé que 50 pays avaient signé des contrats d’approvisionnement avec la Russie. Un milliard de doses sont déjà programmées à l’exportation.

Moderna

Le vaccin américain développé par le laboratoire Moderna repose sur la même technique que le vaccin développé par les laboratoires Pfizer et BioNTech dite “à ARN messager”. Son utilisation n’est pour le moment effective qu’aux États-Unis et au Canada, mais l’Union européenne pourrait se prononcer dès le 6 janvier sur son autorisation.

Donald Trump s’est exprimé sur Twitter à ce propos le 18 décembre : “Le vaccin Moderna est largement approuvé. La distribution commence immédiatement.” Dans une deuxième publication sur le même réseau social, il a tenu à rassurer les pays durement touchés par l’épidémie en promettant que les vaccins seraient acheminés.

L’essai clinique de la phase 3 du vaccin de Moderna a réuni 30.420 volontaires, répartis en deux groupes (de 15.210 participants chacun) : un groupe placebo ; un groupe vacciné. Les résultats de cette étude ont été publiés, le 30 décembre 2020, après avoir été examinés par un comité indépendant, dans le New England Journal of Medicine. La publication montre que le vaccin de Moderna, basé sur l’ARN messager, atteint une efficacité finale de 94,1 %. Un résultat très proche de celui de Pfizer.

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