Ligue des Champions CAF : quel pays accueillera le “Final Four” ?

La Fédération camerounaise de football et les autorités du pays ont renoncé à l’organisation des trois derniers matchs de la Ligue des Champions CAF prévus en septembre prochain, à cause de la pandémie. La CAF a ouvert la porte aux candidatures.

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La rumeur persistait ces deux dernières semaines. Lundi 13 juillet, la fédération camerounaise, les autorités du pays et la Confédération africaine de football (CAF) l’ont officialisée : le Cameroun n’organisera pas les trois derniers matchs de la Ligue des Champions CAF, en format “Final Four”.

Le pays fait partie des plus touchés par le coronavirus avec plus de 15.000 cas confirmés et un faible nombre de tests de dépistage. Une situation qui a poussé le Cameroun à renoncer à l’organisation des demi-finales et finale de la Ligue des Champions, où sont encore engagés le Raja, le Wydad, Al Ahly et le Zamalek.

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Au-delà des raisons sanitaires évoquées officieusement par les dirigeants du football camerounais dans la presse locale, les fortes pluies prévues en septembre inquiètent les responsables qui auraient, selon d’autres médias, demandé le report du Final Four prévu le même mois. Une requête qui a été refusée par la CAF, selon les médias égyptiens.

Le Maroc hors course

Pour remplacer le Cameroun, de grandes nations du football se bousculent, comme l’Égypte qui a officiellement déposé sa candidature, et la Tunisie dont les responsables ne cachent pas leur envie d’organiser le Final Four de la compétition interclub phare du continent. Le Rwanda se positionne aussi et pourrait rafler l’organisation pour faire valoir ses nouvelles infrastructures, alors que le comité d’urgence espère pouvoir vite prendre une décision.

Contrairement aux rumeurs qui circulent depuis l’annonce du retrait du Cameroun, le Maroc ne compte pas se présenter pour accueillir le Final Four de la Ligue des Champions. Si les craintes sanitaires sont un point commun entre tous les pays, ce n’est pas que pour cette raison que le royaume ne va pas accueillir les trois derniers matchs de la Ligue des Champions.

C’est pour une question d’équité que le Maroc est hors course, car il organise déjà le Final Four de la Coupe de la Confédération, où sont encore engagés le Hassania d’Agadir et la Renaissance sportive de Berkane, en plus des Égyptiens de Pyramids FC et les Guinéens du Horoya Conakry, nous affirme notre source au sein de la Fédération royale marocaine de football.

La Tunisie dans les starting-blocks

La situation épidémique du continent préoccupe la Confédération africaine de football, qui a déjà dû suspendre toutes les compétitions sous son égide. La Coupe d’Afrique des Nations (CAN) a été reportée à 2022, le Championnat d’Afrique des Nations (CHAN) a également été décalé alors que les compétitions interclubs ont été suspendues et leurs formats revus pour s’adapter à la situation.

“La Tunisie est une destination Covid Safe. Nous sommes prêts à accueillir les matchs”

Hamed Maghrebi, membre de la FTF

En juin dernier, la CAF a tranché : les derniers carrés des deux compétitions (LDC et CAFCC) seront disputés en match unique, à l’image de la finale. Exit donc le format aller-retour, pour un souci de calendrier. Depuis le retrait du Cameroun pour des raisons sanitaires, le pays favori est la Tunisie, qui se préparerait à déposer son dossier de candidature dans les jours à venir, à en croire les médias locaux. Les infrastructures du pays le permettent, les stades sont quasiment irréprochables. La situation sanitaire est stable au pays des Aigles de Carthage, qui a été le premier pays africain Coronavirus Free et dont le nombre des cas de contamination n’a pas dépassé le seuil des 1300 cas, dont la grande majorité a été guérie.

Hamed Maghrebi, membre du bureau fédéral de la fédération tunisienne de football (FTF), s’est exprimé à ce sujet sur la chaîne Al Nahar. La Tunisie est une destination Covid Safe. Nous sommes prêts à accueillir les matchs des demi-finales ainsi que la finale de la Ligue des Champions d’Afrique à tout moment. La situation est sous contrôle et le dernier stage de l’Équipe nationale s’est très bien déroulé. Il n’y a rien à craindre”, a-t-il déclaré.

En plus de bénéficier de tous ces avantages, la Tunisie n’est représentée par aucun club dans le dernier carré de la compétition. Sachant que jouer sur terrain neutre a toujours été l’intention du comité exécutif de la CAF, le pays est bel et bien en pôle position pour accueillir le Final Four de la Ligue des Champions.

En attendant, le responsable communication de la FTF préfère temporiser en déclarant au site spécialisé Africa Top Sports que sa fédération “n’a jusqu’à ce jour rien écrit à la CAF au sujet du Final Four de la LDC”. 

Rwanda : outsider mais pas trop ?

Que ce soit au niveau économique ou sportif, le pays présidé par Paul Kagamé a franchi plusieurs paliers ces dix dernières années. En termes d’infrastructures sportives, le pays a aujourd’hui fière allure et bénéficie de la confiance des grandes institutions. À commencer par la CAF.

En février dernier, quelques jours avant d’annoncer les pays hôtes des finales des compétitions interclubs CAF, le président de l’instance, Ahmad Ahmad, accompagné de son vice-président Constant Omari, et de son conseiller Samuel Eto’o, ont visité les installations de Kigali. Une visite satisfaisante, à en croire les médias locaux.

Depuis quelque temps, le président Paul Kagamé ne cache pas son ambition de faire de son pays une puissance émergente du sport sur le continent. Après avoir organisé le Championnat d’Afrique des Nations (CHAN) en 2016, Kigali a été choisie par la National Basketball Association (NBA) pour accueillir la finale de la Basketball Africa League (BAL). Une compétition qui rassemble les clubs d’élite du basketball africain, dans un tournoi qui sera joué dans plusieurs villes (dont Salé) sous l’égide de la NBA, et qui connaît la participation de l’Association Sportive de Salé.

Pour le moment, le Rwanda n’a toujours pas officialisé son intention d’organiser le Final Four de la LDC, mais selon nos sources au sein de la CAF, le nom de la capitale, Kigali, revient souvent dans les discussions pour trouver une solution. En attendant que le Rwanda exprime sa position quant à l’accueil des trois derniers matchs de la Ligue des Champions, l’Égypte joue ses cartes, et annonce officiellement sa candidature.

L’Égypte “toujours à la rescousse”

Comme pour accueillir la Coupe d’Afrique des Nations 2019 en remplaçant le Cameroun, l’Égypte compte bien réaliser le même coup en raflant l’organisation du dernier carré de la Ligue des Champions CAF, qui connaît la participation de ses deux géants, Al Ahly et le Zamalek. En rêvant d’une finale 100 % égyptienne, les médias locaux ont immédiatement fait pression sur les responsables du foot égyptien pour les pousser à déposer une candidature.

En rêvant d’une finale 100 % égyptienne, les médias locaux ont immédiatement fait pression sur les responsables du foot égyptien pour les pousser à déposer une candidature

J’ai discuté avec Ashraf Sobhi, le ministre des Sports et de la Jeunesse, qui a souligné la volonté de l’Égypte d’accueillir un événement aussi important, comme nous l’avons fait lors de la CAN 2019 et de la CAN 2019 des moins de 23 ans”, a déclaré le membre de l’Association égyptienne de football (EFA) Mohamed Fadl, à la chaîne de télévision Time Sports. “On a l’ambition d’aider Al Ahly et le Zamalek en accueillant les matchs restants de la LDC”, a-t-il ajouté.

Toujours est-il que la situation sanitaire en Égypte complique la candidature de l’EFA, avec un nombre de cas de Covid-19 confirmés qui continue de grimper, avec plus de 83.000 cas recensés au 14 juillet.

Abu Dhabi et Dubaï en dernier recours

Les Émirats arabes unis se positionnent pour accueillir les événements CAF, depuis que Doha a accueilli la Supercoupe d’Afrique 2019, remportée par le Raja aux dépens de l’Espérance sportive de Tunis (2-1).

La rivalité footballistique entre les pays, qui se mêle aux tensions politiques, a vraisemblablement poussé les responsables du football émirati à vouloir accueillir les compétitions africaines interclubs, qui déchaînent les passions. Qui plus est, cette édition sera remportée par un club marocain ou égyptien, deux grandes communautés vivant aux Émirats arabes unis. De quoi assurer le spectacle… et une présence des supporters en prenant en compte les règles de sécurité sanitaire ?

Ce qui est certain, c’est que le pays a les moyens d’organiser un Final Four dans les meilleures conditions. Mais l’idée ne fait pas l’unanimité. Des voix s’élèvent pour exiger que la compétition s’achève comme elle a commencé, sur le sol africain.

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