Chronique d’un confinement. Jour 51

Confinée dans son appartement parisien, notre chroniqueuse Fatym Layachi nous fait le récit quotidien d’une vie entre quatre murs.

Par

Mercredi, c'est poésie !

Mercredi 6 mai

Jour 51

Comme la semaine dernière et celle d’avant, j’ai décidé que le mercredi ça serait poésie.

Parce que les mots peuvent apaiser, rassurer, faire rêver ou faire grandir.

Parce que la littérature permet parfois de mieux lire le monde.

Donc mercredi, poésie !

 

Ô nostalgie des lieux

Rainer Maria Rilke

Ô nostalgie des lieux qui n’étaient point

assez aimés à l’heure passagère,

que je voudrais leur rendre de loin

le geste oublié, l’action supplémentaire !

Revenir sur mes pas, refaire doucement

– et cette fois, seul — tel voyage,

rester à la fontaine davantage,

toucher cet arbre, caresser ce banc…

Monter à la chapelle solitaire

que tout le monde dit sans intérêt ;

pousser la grille de ce cimetière,

se taire avec lui qui tant se tait.

Car n’est-ce pas le temps où il importe

de prendre un contact subtil et pieux ?

Tel était fort, c’est que la terre est forte ;

et tel se plaint : c’est qu’on la connaît peu.

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