Chronique d’un confinement. Jour 48

Confinée dans son appartement parisien, notre chroniqueuse Fatym Layachi nous fait le récit quotidien d’une vie entre quatre murs.

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Jour 48. “L’inconvénient d’être enfermé chez soi c’est qu’on bascule vite dans la nostalgie”

Dimanche 3 mai

Jour 48

Aujourd’hui c’est dimanche. Et autant depuis le début de la quarantaine les jours se suivent et se ressemblent rendant tout un peu flou et semblable, autant il y a certaines choses de la vie d’avant qui persistent. Le côté glauque du dimanche en est une.

Aujourd’hui c’est dimanche et à Paris il pleut, il fait gris. Dans mon appart, on dirait qu’il fait nuit depuis 14 h 30. Le silence est pesant. Tout a été un peu pesant ce week-end. J’ai trouvé le temps long, j’ai pas mal angoissé et j’ai pour la première fois fait une sorte de crise de claustrophobie. Je ne sais pas si c’est le fait de se rapprocher de la date annoncée du déconfinement ou si c’est parce que j’ignore totalement comment va se passer ce déconfinement, mais en tout cas je ne suis pas sereine.

La légèreté me manque. L’insouciance. La simplicité. Je me pose dix mille questions auxquelles je n’ai pas envie de répondre. Moi qui tiens en horreur l’introspection, je suis pourtant en train de m’y adonner. Sans aucune joie. Pedro Almodovar a écrit que “l’inconvénient d’être enfermé chez soi c’est qu’on bascule vite dans la nostalgie”. Même confiné, il reste génial pour disséquer l’âme humaine.

Dans mes errances de dimanche de loose, je suis tombée sur une série de vidéos fabriquées au Maroc. Ces vidéos rendent hommage aux héroïnes et aux héros de cette pandémie. Aux héroïnes surtout parce que, comme souvent, ce sont les femmes qui sont en première ligne. Ces vidéos sont une initiative de la MDJS ; une entreprise qui, décidément, se place toujours du côté juste de l’Histoire.

Ces vidéos mettent en lumière des anonymes qui se battent pour nous. Ce sont des héros. Ils sont au front pour nous. Pour nos familles. Et ils y sont avec le sourire. Nous leur devons tant. Nous leur devons notre plus grand respect. L’État devra se souvenir d’eux au moment de la reddition des comptes. Et moi, à mon tout petit niveau, je leur dois des excuses. Je m’excuse d’avoir passé le week-end à me plaindre. Je m’excuse d’avoir regardé mon petit nombril et mes petites craintes. Je m’excuse d’avoir eu cette indécence.

Mesdames (et aussi vous messieurs), à votre sourire et votre courage nous devrons notre salut. Nous vous devons de nous tenir droits à vos côtés. Merci. Et merci à la MDJS pour ce rappel salutaire.

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