Benchaâboun : “Il n’est pas logique de dire que l’on continuera à dépenser comme si de rien n’était”

Extraits de l’allocution du ministre de l’Économie et des Finances Mohamed Benchaâboun, lors de la commission des finances et du développement économique, consacrée au projet de décret-loi relatif au dépassement des seuils de financements extérieurs.

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Mohamed Benchaâboun. Crédit: MAP

Lors de la réunion de la commission des finances et du développement économique, consacrée au projet de décret-loi relatif au dépassement des seuils de financements extérieurs, le ministre de l’Économie et des Finances, Mohamed Benchaâboun, n’a pas reculé sur la logique des coupes budgétaires en temps de crise, mais préconise un changement de méthode.

Désormais, avant tout gel de dépenses, des concertations seront menées avec chaque département concerné. Le décret-loi instituant un déplafonnement de la capacité d’endettement extérieur du royaume a été approuvé en commission par l’ensemble des membres hormis Omar Balafrej qui a voté contre. Voici les principales déclarations du ministre lors de la réunion qui s’est tenue ce matin.

Sur le financement extérieur et la Loi de finances rectificative

“Toutes les heures, nous recevons des demandes et des propositions des secteurs économiques.”

“La loi de finances rectificative nous pose un problème en termes d’hypothèses. On ne peut la bâtir que sur des chiffres réalistes. Or, nous ignorons combien de temps la crise va durer et comment se comporteront les économies partenaires, comme les pays de l’UE, en termes de demande et en termes d’investissement.”

“Nous envisageons plusieurs scénarios dans ce sens, mais ces scénarios ne nous permettent pas d’établir une loi de finances rectificative. Nous prenons des décisions dans l’urgence ; nous faisons de la microéconomie et non plus de la macroéconomie.”

“Aujourd’hui, le sujet principal est celui de la souveraineté. Combien de devises avons-nous ? Nos pouvons gérer le dirham, mais pas la devise. Nos entrées de devises sont en baisse, le tourisme, l’export, les transferts des MRE, les IDE sont à l’arrêt.”

“On doit donc aller vers le financement étranger et établir des accords avec les institutions financières dans l’urgence.”

“Nous possédons l’investment grade de Standard & Poor, il faut en profiter.”

Sur l’engagement des dépenses

“Vu la situation actuelle, et les scénarios d’avenir, il n’est pas logique de dire que l’on continuera à dépenser comme si de rien n’était.”

“Nous ne revenons pas sur le gel des dépenses, simplement nous discutons de la forme que cela va prendre : un décret, un décret-loi, une circulaire ? Mais la logique de revue des engagements est nécessaire et il faudra le faire.”

“Par rapport à la gestion des dépenses, nous nous sommes mis d’accord au gouvernement, que celle-ci se fera en concertation avec chaque département selon ses priorités.”

“On doit se fixer des priorités. Où investir, est-ce un investissement qui consomme de la devise ou pas ?”

“Nous ne procéderons pas à une coupe horizontale de 50 % de toutes les dépenses.”

“Les choses se feront en concertation avec les secteurs concernés.”

Sur la balance des paiements

“On ne peut pas faire un pari sur la durée. On établit des scénarios sur un mois, trois mois, fin d’année, mais on ne peut pas attendre et prendre des risques. On veut mettre le Maroc à l’abri.”

“Nous établirons des contacts avec les institutions financières. Nous nous félicitons de l’existence d’une Ligne de précaution et de liquidité (2,9 milliards de dollars) avec le FMI, sans condition.”

“On peut tout de suite utiliser la caution de 275 millions de dollars sur le fonds de solidarité contre les événements catastrophiques.”

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