En Grèce, les réfugiés toujours plus vulnérables

En Grèce, des mesures ont été prises par le ministère des migrations ce 17 mars pour prévenir la pandémie dans les camps de migrants. Des lieux pour la plupart insalubres et déjà surpeuplés.

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Campement autour d'un feu près de la frontière grecque, à Pazarkule en Turquie, le 28 février. Crédit: Ozan Kose/AFP

Le ministère grec des Migrations a adopté ce mardi 17 mars une série de mesures de confinement pour les migrants se trouvant dans les camps à travers le pays, afin d’éviter une propagation du coronavirus. La pandémie a fait 4 morts dans le pays, tandis que 352 cas ont été recensés.

Les visites d’individus ou d’organisations (dans les camps de migrants) seront reportées pour au moins 14 jours”, précise le communiqué du ministère des Migrations.

Restrictions et contrôle

Seul le personnel des centres d’hébergement sera autorisé à entrer dans les camps. Les demandeurs d’asile sont par ailleurs priés de ne sortir qu’en cas d’urgence durant cette période. “La température de tous les nouveaux arrivants sera obligatoirement vérifiée”, ajoute le ministère.

Deux fois par jour, des informations dans plusieurs langues (arabe, farsi, anglais, français, grec notamment) seront communiquées aux demandeurs d’asile. Les lieux communs et les portes d’entrée seront quotidiennement nettoyés et désinfectés, est-il également précisé dans le communiqué ministériel.

Insalubrité de longue date

Des dizaines de milliers de migrants vivent dans des camps, souvent surpeuplés. Les conditions sordides et “indignes” dans les camps situés sur les cinq îles de la mer Égée, portes d’entrée principales des migrants en Europe en provenance des côtes turques voisines, ont été à plusieurs reprises dénoncées par des ONG ainsi que l’agence onusienne du Haut-commissariat des Nations unies pour les Réfugiés.

Le 16 mars, une fillette de six ans est morte dans un incendie qui s’est déclaré dans le camp de Moria sur l’île de Lesbos

L’organisation Médecins sans frontières a demandé la semaine dernière “l’évacuation urgente des camps” compte tenu des circonstances. Lundi 16 mars, une fillette de six ans est morte dans un incendie qui s’est déclaré dans le camp de Moria sur l’île de Lesbos, l’un des plus peuplés en Europe.

Selon la commissaire du Conseil de l’Europe Dunja Mijatovic, ce drame “illustre d’une manière tragique le besoin urgent d’améliorer les conditions de sécurité et d’hygiène sur les îles de la mer Égée”. Elle a appelé les autorités grecques à “agir immédiatement pour empêcher d’autres drames et planifier la décongestion des îles”.

Les ONG dénoncent

L’ONG Human Rights Watch (HRW) a appelé mardi 17 mars le gouvernement grec à “lever la suspension de la procédure de l’octroi d’asile”, décrétée par Athènes le 1er mars après la décision de la Turquie d’ouvrir ses frontières. “Des forces de sécurité grecques et des personnes non identifiées ont détenu, harcelé sexuellement, volé et dépouillé des demandeurs d’asile et des migrants avant de les obliger à rentrer en Turquie”, a dénoncé HRW.

“Sans la pression européenne pour faire arrêter ces dérives épouvantables, le cycle de violences va se poursuivre”

Human Rights Watch

Cette ONG a également déploré le soutien de l’Union européenne au gouvernement grec, en se félicitant de la façon dont “la Grèce avait agi en tant que ‘bouclier’ pour protéger les frontières européennes”. “Sans la pression européenne pour faire arrêter ces dérives épouvantables, le cycle de violences va se poursuivre”, a averti HRW.

Plusieurs milliers de personnes avaient en effet quitté la Turquie pour tenter de se rendre en Grèce, à la suite de l’annonce par le président Recep Tayyip Erdogan, samedi 29 février, que la Turquie n’empêcherait pas la circulation des migrants souhaitant rejoindre l’Union européenne.

Mais la frontière s’est avérée fermée, et de nombreuses personnes se sont retrouvées bloquées, dans des conditions très difficiles, et ont dû faire face à la violence des forces de l’ordre et de certains habitants.

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