Trump acquitté par le Sénat américain dans son procès en destitution

Donald Trump a été acquitté, le 5 février, par le Sénat des États-Unis à l’issue d’un procès en destitution historique qui a jeté une lumière crue sur les fractures de l’Amérique, sans jamais faire vaciller sa base électorale.

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Donald Trump a été “acquitté pour toujours”, clame la Maison Blanche. Donald Trump a été “mis en accusation pour toujours”, rétorquent les démocrates. Crédit: Nicholas Kamm/AFP

Clamant “victoire” face à une “mascarade”, le président républicain a annoncé qu’il réagirait formellement ce jeudi 6 février en milieu de journée. Sans attendre, la Maison Blanche s’est réjouie qu’il ait été “pleinement innocenté”. Mais pour les démocrates, son acquittement n’a “aucune valeur”, à défaut selon eux d’un procès “équitable”.

La mise en accusation de Donald Trump restera comme une tache indélébile sur un mandat truffé de scandales. Avant lui, seuls deux de ses prédécesseurs, Andrew Johnson en 1868 et Bill Clinton en 1998, avaient connu une telle avanie.

Dossier clos

Lors d’un vote solennel suivi en direct à la télévision par des dizaines de millions d’Américains, le Sénat a estimé, par 52 voix sur 100, que Donald Trump ne s’était pas rendu coupable d’abus de pouvoir ni, avec 53 voix, d’entrave à la bonne marche du Congrès.

La majorité des deux tiers fixée par la Constitution n’ayant pas été atteinte, “Donald John Trump est de ce fait acquitté”, a conclu le chef de la Cour suprême des États-Unis John Roberts, avant de donner le coup de marteau signifiant la fin de ce procès exceptionnel. Son issue ne faisait guère de doutes. Avant même le vote, la guerre des formules avait été engagée sur les leçons à en tirer.

Une Amérique divisée

Donald Trump a été “acquitté pour toujours”, clame la Maison Blanche. Donald Trump a été “mis en accusation pour toujours”, rétorquent les démocrates. Après le verdict, le ton est encore monté.

Le président “reste une menace pour la démocratie américaine”, a tonné la présidente démocrate de la Chambre des représentants Nancy Pelosi en le qualifiant de “voyou”. “Je doute que mes collègues démocrates, qui sont mus par une haine illimitée du président, soient en mesure de passer à autre chose”, a asséné le sénateur Lindsey Graham, un proche du milliardaire.

Au-delà de Washington, le procès divise autant les Américains que leurs élus : 85 % des électeurs démocrates soutenaient ces derniers jours la destitution du président, moins de 10 % des républicains étaient pour, et la moyenne s’établissait légèrement au-dessous de 50 %.

Aux origines du procès

Les démocrates reprochent au 45e président des États-Unis d’avoir utilisé les moyens de l’État, notamment une aide militaire validée par le Congrès, pour tenter de forcer l’Ukraine à “salir” son possible adversaire à la présidentielle Joe Biden.

Depuis que le scandale a éclaté, l’hôte de la Maison Blanche se dit victime d’une chasse aux sorcières orchestrée par ses adversaires qui n’auraient pas digéré sa victoire surprise de 2016. La stratégie semble avoir, au moins en partie, porté ses fruits : selon le dernier sondage de l’institut Gallup, il enregistre 49 % d’opinions favorables, un record depuis son arrivée au pouvoir.

Moins de 24 heures avant le vote du Sénat, Donald Trump avait vanté, mardi 4 février au soir, devant le Congrès réuni au grand complet, ses résultats “incroyables” dans un discours qui avait révélé les profondes fractures entre les trumpistes et les démocrates.

Alors que les républicains applaudissaient à tout rompre, debout, les élus de l’opposition sont restés de marbre, certains ont boycotté l’événement, d’autres sont partis. Donald Trump a lui ostensiblement évité de serrer la main à Nancy Pelosi qui, en retour, a déchiré dans un geste spectaculaire sa copie du discours.

Objectif électoral

Ce procès a montré que l’ancien homme d’affaires de New York pouvait compter sur un parti républicain aux ordres, un atout de taille à neuf mois d’une élection où il briguera un second mandat de quatre ans.

Son impact sur les élections est donc difficile à prédire, mais Donald Trump se dit convaincu que les électeurs pénaliseront les “démocrates-qui-ne-font-rien”. Ils ont commis une “erreur politique colossale” en tentant de le destituer, a renchéri le chef de la majorité républicaine du Sénat, Mitch McConnell, l’un des plus solides défenseurs du président.

Pete Buttigieg, en tête des résultats partiels du premier vote des primaires démocrates dans l’Iowa, n’en est pas si sûr. “Le peuple américain aura le dernier mot sur Donald Trump et le trumpisme”, a-t-il tweeté, affichant sa confiance. Et les démocrates ont averti : ils n’en resteront pas là.

L’élu Jerry Nadler a fait savoir mercredi 5 février que la Chambre convoquerait “probablement” l’ex-conseiller de la Maison Blanche John Bolton, une fois le procès fini. Il semble détenir des informations embarrassantes pour Donald Trump mais les sénateurs républicains ont refusé de l’entendre pendant le procès.

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