Bassima Hakkaoui: "La femme est toujours perçue comme celle qui est en tort, qu’elle soit opprimée ou non"

Bassima Hakkaoui: "La femme est toujours perçue comme celle qui est en tort, qu’elle soit opprimée ou non"

Peu présente dans les médias, la ministre PJD de la Solidarité, de la femme, de la famille et du développement social était de passage dans la soirée du dimanche dans Confidences de presse. Bassima Hakkaoui a été interrogée sur les principaux dossiers gérés par son département depuis qu’elle est ministre.

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Seule ministre PJD qui a conservé son portefeuille depuis l’arrivée de son parti au gouvernement en 2012, Bassima Hakkaoui s’est peu livrée à l’exercice des questions-réponses, encore moins à la télévision.  Dimanche 9 juin, celle qui est la tête du ministère de la Solidarité, de la femme, de la famille et du développement social était l’invitée de Abdellah Tourabi dans Confidences de presse, diffusée dans la soirée par 2M. Pour commencer, elle a été interrogée sur les résultats de la deuxième Enquête nationale sur la prévalence de la violence à l’égard des femmes qu’elle a présenté le 14 mai dernier.

« L’évolution civile, urbaine et moderne de la société n’a pas été suivie par une évolution des valeurs pour qu’on arrive à coexister, en tant que femmes et hommes, avec un ensemble des situations socio-culturelles », a estimé la ministre. Interrogée sur ce que son gouvernement a fait pour lutter contre la violence conjugale, Bassima Hakkaoui a cité la loi 19-12 fixant les conditions de travail et d’emploi des travailleuses et travailleurs domestiques, entrée en vigueur le 2 octobre 2018 qui, selon elle, « contribue à l’amélioration de la situation de la femme marocaine ».

Pour ce qui est de la loi 103.13 sur la lutte contre la violence faite aux femmes, la ministre a estimé que « le texte va pousser les victimes à dénoncer tout acte de violence ou de harcèlement », bien le pourcentage de femmes violentées à avoir porté plainte soit seulement de 6.6%, selon la même enquête. « Culturellement, la femme est toujours perçue comme celle qui est en tort, qu’elle soit opprimée ou non. On lui reproche de s’habiller comme tel, de sortir le soir ou de rendre dans des endroits vides de personnes… », reconnait la ministre.

Bassima Hakkaoui a également été questionnée sur les revendications de réformes du Code de la famille, comme réclamé par la société civile. « Ça fait 15 ans que ses textes sont mis en application. Aujourd’hui, une nouvelle lecture s’impose. Il faut qu’on s’arrête sur les défaillances du code et sur ce qu’il faut changer. (…) S’il fallait en citer, je citerai la pension alimentaire qui n’est pas appliquée comme il se doit », a-t-elle d’abord répondu. Sur le mariage des mineurs, la ministre a rappelé que la loi 103.13 punit « le fait de forcer un mineur à se marier ».

Toutefois,« le Code de la famille dispose que le juge a le pouvoir d’autoriser ou pas le mariage d’une mineure » a rappelé la ministre pour qui  «la seule solution pour réduire le phénomène du mariage des mineurs est de permettre aux filles d’avoir accès à une bonne éducation », assurant que « toutes les composantes du gouvernement travailler sérieusement sur ce sujet ».

Enfin, la ministre PJD a refusé de faire part de sa « position politique et personnelle dans le débat sur l’égalité en matière d’héritage ». « Les femmes ne prennent pas toujours la même part des hommes que l’héritage. C’est une question à laquelle les fkihs (ndlr, juristes musulmans) doivent répondre pour qu’elle est de leur ressort », a-t-elle déclarée.

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