Affaire Benchamach: Quatre journalistes condamnés à 6 mois de prison avec sursis

Quatre journalistes et un parlementaire ont été condamnés le 27 mars à Rabat à six mois de prison avec sursis et une amende de 10.000 dirhams chacun pour publication d'informations considérées comme “confidentielles”, rapporte l'AFP.

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La Chambre des représentants. Crédit: MAP

C’est un verdict contre la liberté d’expression« , a déclaré à l’AFP Mohamed Aheddad, un des journalistes condamnés, peu après le verdict rendu par le tribunal de première instance de Rabat.

Nous avons été condamnés pour avoir publié des informations exactes (…). Nous allons faire appel car nous sommes convaincus de notre innocence”, poursuit le journaliste du quotidien arabophone Al Massae.

Les quatre journalistes, Mohamed Aheddad (Al Massae), Abdelhak Belachgar (Akhbar Al Yaoum), Kaoutar Zaki et Abdelilah Sakhir (Aljarida24), étaient poursuivis depuis début 2018 pour avoir publié des extraits de débats d’une commission d’enquête parlementaire consacrés au déficit de la Caisse marocaine de retraites (CMR), suite à une plainte de Hakim Benchamach, président de la deuxième chambre du Parlement.

Jugé dans la même affaire, Abdelhak Hissan, député membre de la centrale syndicale Confédération démocratique du travail (CDT), accusé d’avoir fourni à ces journalistes les informations sur ces débats, a été condamné à la même peine pour “violation du secret professionnel”.

Ce verdict est injuste et n’est basé sur rien”, a confié à l’AFP le parlementaire, qui a notamment estimé que les journalistes n’avaient “fait que leur travail”.

La défense avait plaidé l’acquittement, le parquet requis des peines de prison ferme, entre un et cinq ans selon la loi sur les commissions parlementaires.

Un nouveau Code de la presse qui ne prévoit plus de peines de prison est entré en vigueur en août 2016, mais les journalistes continuent d’être poursuivis selon le Code pénal.

Des ONG comme Human Rights Watch (HRW), Amnesty et Freedom Now s’inquiètent des condamnations de journalistes en vertu du Code pénal. Dans son dernier classement annuel sur la liberté de la presse, Reporters sans frontières (RSF) a classé le Maroc 135e sur 180 pays.

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