Ce qu’il faut savoir à la veille de "Genève II"

Ce qu’il faut savoir à la veille de "Genève II"

Une délégation marocaine conduite par le ministre des Affaires étrangères Nasser Bourita est arrivée le 20 mars à Genève pour participer à la deuxième table ronde de l'ONU sur le Sahara, aux côtés de représentants de l’Algérie, de la Mauritanie et du Polisario.

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Le ministre des Affaires étrangères, Nasser Bourita, lors d'une conférence de presse tenue à l'issue de la première table ronde sur le Sahara. Crédit: AFP

Top départ pour la deuxième table ronde consacrée au Sahara. Pour la deuxième fois en l’espace de trois mois, des représentants des diplomaties marocaines, algériennes, mauritaniennes ainsi que du Front Polisario se réuniront à huis-clos les 20 et 21 mars prochains avec l’envoyé personnel du secrétaire général de l’ONU pour le Sahara, Horst Köhler, pour discuter du dossier du Sahara.

Selon une source diplomatique marocaine contactée par TelQuel début mars, le Maroc se rend à cette rencontre pour y défendre les termes de la résolution 2440 du Conseil de sécurité d’octobre 2018. Celui-ci prorogeait le mandat de la MINURSO pour une durée de six mois, mais posait aussi dans son paragraphe 2 “qu’il convient de faire des progrès dans la recherche d’une solution politique réaliste, pragmatique et durable à la question du Sahara occidental, qui repose sur le compromis”.

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La rencontre qui se déroulera dans le château viticole du village de Busins à trente kilomètres de Genève en Suisse, verra la participation d’une délégation marocaine menée par le ministre des Affaires étrangères, Nasser Bourita, et composée de Omar Hilale, représentant Permanent du Maroc auprès des Nations Unies à New York, Hamdi Ould Errachid, président de la région Laäyoune-Sakia El Hamra, Yenja El Khattat, président de la région Dakhla-Oued Eddahab ainsi que Fatima El Adli, actrice associative et membre du Conseil municipal de la ville de Smara. Cette délégation est la même que celle qui avait pris part aux précédentes discussions de Genève les 5 et 6 décembre derniers.

Changement algérien

Du côté de la délégation algérienne, un changement notable a en revanche été opéré, puisque c’est le nouveau chef de la diplomatie et vice premier-ministre Ramtane Lamamra qui mènera la délégation venue d’Alger en lieu et place d’Abdelkader Messahel.

Diplomate de carrière, Lamamra avait occupé le poste le poste de Commissaire de l’Union africaine pour la paix et la sécurité entre 2008 et 2013 avant de mener pour la première fois la diplomatie algérienne entre 2013 et 2017. En février, il a été nommé ministre d’Etat conseiller diplomatique auprès du président Bouteflika. Le 11 mars, simultanément à l’annonce du président algérien de renoncer à un cinquième mandat et du report de l’élection présidentielle, Lamamra était désigné vice-premier ministre du gouvernement Bedoui, puis également ministre des Affaires étrangères.

Il ne s’agira pas de la première participation de Lamamra à des discussions onusiennes puisque le diplomate algérien avait mené la délégation de son pays lors des premiers rounds des discussions de Manhasset. Ces discussions avaient été vivement critiquées par la diplomatie marocaine. En novembre dernier, elle faisait part de son souhait de ne pas voir les tables rondes organisées par Horst Köhler se transformer en “Manhasset bis”.

Besoin d’avancer 

A l’issue de la  première édition de cette table ronde sur le Sahara, les quatre parties présentes avaient signé une “Déclaration de Genève sur le Sahara” dans laquelle ils reconnaissaient “que la coopération et l’intégration, et non pas la confrontation, constituent les meilleurs moyens de faire face aux défis de la région”. Les quatre délégations se sont également toutes mises d’accord sur le fait que “résoudre le conflit permettrait de contribuer à l’amélioration des vies des habitants de la région”.

Le Maroc allait alors à Genève pour “évaluer la capacité des parties à avancer vers une solution”, selon nos informations. Au début du mois de mars une source diplomatique marocaine nous confiait que Genève I était “le premier test qui a montré que certaines choses sont respectées. Respect de la délégation marocaine dans ses différentes composantes, respect de la position marocaine”.

Dans une déclaration aux médias à l’issue de cette première rencontre, Nasser Bourita avait néanmoins averti que  “l’atmosphère sereine n’est pas suffisante pour la relance du processus onusien pour aboutir à une solution politique, pragmatique, réaliste et durable. Le Maroc espère que la 2ème table ronde connaîtra l’engagement de toutes les parties pour une discussion profonde sur la solution politique”. Il avait également insisté sur le fait que le Royaume “n’est pas prêt à s’inscrire dans des discussions stériles et considère que cela constituera une perte de temps pour la communauté internationale et pour parvenir à une solution politique de ce différend”.

Dans l’agenda onusien sur le Sahara, “Genève II” précède la présentation du traditionnel rapport du secrétaire général de l’ONU sur le Sahara,  généralement présenté lors de la première moitié du mois d’avril. Suivra ensuite le vote par le Conseil de la sécurité de l’ONU de la résolution relative au mandat de la MINURSO qui se tient généralement durant la deuxième quinzaine d’avril.

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