Clash : Le blues du rap

Quinze jours après la sortie de 170 kg de Don Bigg où il étrille 
quelques jeunes rappeurs, Dizzy Dros fait du single Moutanabbi une riposte rageuse sur des paroles populacières et une musique chapardée.

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Dizzy Dros riposte à Don Bigg. L'illustration de son clip reprend le même référentiel graphique que170kg. Crédit: DR

Et voici le rap d’exploitation ! On s’y exprime la bouche pleine, orchestrant un vacarme de fin du monde. Cela part en virelangues, en verbosités, en libelles, en factums. Ses auteurs bombent le torse et mettent en évidence leurs biceps vocaux. Cela dégouline, sans forcément couler de (bonnes) sources. Une violence verbale pratiquée à gorges déployées. Une bataille ? Plutôt un agrégat de combats où les protagonistes s’échangent avec jouissance des noms d’oiseaux. Le véritable terrain de mésentente est celui de la création délicate et élégante. Si, au Maroc, Don Bigg a ouvert la porte du cru, il la reçoit aujourd’hui en plein minois. On lui tire joyeusement dessus, mais c’est en son for intérieur qu’il doit peser ce retour de manivelle. En publiant 170 kg, il savait qu’il ouvrait un « débat ». Résultat : un flot de haine qu’il a lui-même nourri en invoquant la légitime défense. Du…

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