Des vieilles rades aux véritables ports, une ouverture au forceps

Mer Méditerranée et Océan Atlantique ont, l’une comme l’autre, façonné l’identité du royaume. Pourtant, au XIXe siècle, avec l’avènement des babors (bateaux à vapeur), les ports marocains s’ouvrent bon gré, mal gré, au monde. De l’imaginaire fantasmé de la mer aux compagnies maritimes, en passant par les Corsaires, chronique d’une histoire des docks pas comme les autres.

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Les corsos marocains continuent à avoir pignon sur mer jusqu’au règne de Moulay Abderrahman (1822-1852). Crédit: BNF-GALLICA

Plus qu’une étendue remuante d’eau saline, la mer est un imaginaire chez les Arabo-musulmans, dont un héros comme Sinbad le marin est l’archétype. Elle est ce lieu d’où le danger peut survenir, ces abysses qui s’ouvrent sur dar al-kufr ou dar al-harb. Les récits de voyage – les fameuses rihlas – sont là pour nous le rappeler. Les Marocains n’échappent pas à cette lecture fantas(ma)tique de la mer où l’angoisse de l’inconnu prédomine. Les invasions ibériques des côtes marocaines, de Tanger à Agadir, par les Portugais puis les Espagnols au XVe siècle, y sont pour quelque chose. Il faut attendre la fin du XVIIe siècle, Moulay Ismaïl et ses fameux guerriers, les Abid al-boukhari, pour déloger les Portugais des villes maritimes marocaines. D’ailleurs,…

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