Engluée dans une crise migratoire, l’Espagne demande de "meilleurs résultats" au Maroc

Lors de leur réception par le roi Mohammed VI à Tanger, José Luis Rodriguez Zapatero et Miguel Angel Moratinos ont, au nom de l’Exécutif espagnol, demandé au Maroc « d’essayer d’obtenir de meilleurs résultats » dans la lutte contre la migration clandestine.

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Le roi Mohammed VI reçoit à Tanger José Luis Rodriguez Zapatero et Miguel Angel Moratinos./ Crédit: MAP

A l’occasion des célébrations marquant le 19e anniversaire de son accession au trône, le roi Mohammed VI a salué plusieurs personnalités marocaines, notamment des membres du gouvernement, des responsables d’institutions étatiques, des représentants du corps sécuritaire, mais aussi des personnalités étrangères.

Parmi elles, deux anciens membres du gouvernement espagnol: l’ancien Premier ministre José Luis Rodriguez Zapatero, qui a présidé l’Exécutif espagnol entre 2004 et 2011, et son chef de la diplomatie, Miguel Angel Moratinos. Selon le site d’information espagnol El Confidencial, ces deux membres du parti socialiste espagnol ont ensuite été reçus par le souverain pour un entretien long de 45 minutes. Le prince héritier Moulay Hassan, le prince Moulay Rachid et le fils de l’ancien chef de la diplomatie espagnole, David Moratinos, ont également assisté à cette rencontre.

« Enorme » pression

A en croire El Confidencial, les deux anciens responsables ont contacté la primature espagnole avant leur départ pour le Maroc. Cela dans le cas où le gouvernement espagnol souhaiterait relayer un message au souverain. « On nous a dit de demander à nos interlocuteurs d’essayer d’obtenir de meilleurs résultats » dans la lutte contre la migration clandestine, car « la pression sur l’Espagne est énorme », a affirmé Miguel Angel Moratinos au média espagnol.

En réponse au message adressé par l’Exécutif espagnol, Mohammed VI aurait affirmé que la pression migratoire sur le Maroc « s’accroît », et que le Royaume a lancé deux initiatives visant à régulariser la situation des migrants.

Selon El Confidencial, l’Espagne aurait transmis à l’Union européenne une liste d’équipements dont le Maroc aurait besoin pour améliorer la surveillance de ses côtes. Ce renforcement des moyens matériels marocains est estimé à 60 millions d’euros et est encore à l’étude du côté de Bruxelles, indique la même source.

Des financements de soutien au Maroc dans le cadre de la lutte contre la migration clandestine sont « prévus« , mais de nombreux états membres de l’Union n’ont pas versé les contributions promises au Fonds fiduciaire d’urgence de l’UE pour l’Afrique dont les moyens sont actuellement limités, selon l’AFP. Dans ce sens, l’agence de presse française cite un courrier adressé par le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker au chef du gouvernement espagnol, Pedro Sanchez.

Depuis le début de l’année, plus de 20.000 migrants sont arrivés en Espagne. Le 29 juillet, Madrid a demandé à bénéficier d’une allocation de 30 millions d’euros en provenance du Fonds européen pour l’asile, la migration et l’intégration. Aussi, des fonds seront débloqués dans les prochains jours selon une «source européenne», citée par l’agence de presse.

Vers des visites espagnoles? 

A en croire El Confidencial, la question migratoire n’a pas été le seul sujet évoqué lors de l’entretien entre Mohammed VI et les deux émissaires espagnols. En effet, de potentielles visites du Premier ministre espagnol et du couple royal espagnol dans le cadre d’une visite d’Etat ont également été discutées, selon le média espagnol.

Déjà évoquée au mois de juin, la visite du chef de l’Exécutif n’a pas eu lieu, notamment en raison de son agenda royal durant le mois de ramadan. Pour rappel, la tradition veut que le Maroc soit le premier pays étranger à être visité par le chef du gouvernement espagnol. Cela a été le cas pour quatre des prédécesseurs de Pedro Sanchez : Felipe González, José María Aznar, José Luis Rodríguez Zapatero et Mariano Rajoy.

Quant à la visite de Felipe VI au Maroc, elle n’a plus été évoquée des deux côtés de la Méditerranée depuis le début de l’année. Elle avait en effet été annoncée pour le mois de janvier, puis « reportée au mois de mars« . Le ministère des Affaires étrangères espagnoles avait expliqué le report de cette visite par un « souci d’agenda ».

Lors de son passage à Tanger, José Luis Rodriguez Zapatero a affirmé à la MAP être convaincu que la « relation positive » entre le Maroc et l’Espagne « sera consolidée davantage avec le nouveau gouvernement espagnol ».

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