Scandale des saisonnières de Huelva : Le gouvernement andalou veut "éradiquer les zones d'ombre"

Saisonnières de Huelva: Le gouvernement andalou veut "éradiquer les zones d'ombre"

Après l'arrestation d'un premier suspect, la semaine dernière, le gouvernement andalou a lancé, aujourd'hui, un appel pour "éradiquer les zones d'ombre" liées à l'affaire des viols présumés sur les saisonnières marocaines à Huelva, en Espagne.

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Luis Vargas, directeur général de la Coordination des politiques migratoires au gouvernement andalou (Junta de Andalucía), a appelé ce lundi à « éradiquer les zones d’ombre » autour de l’affaire des viols présumés sur les saisonnières marocaines travaillant dans les champs de fraises à Huelva (sud-ouest de l’Espagne). Une douzaine de travailleuses saisonnières marocaines auraient, en effet, été violées ou agressées sexuellement dans des exploitations de fraise et de tomate de la région.

C’est une enquête réalisée sur place par le site d’information américain Buzzfeednews.com et le média allemand Correctiv.org qui a mis en lumière ces faits présumés, témoignages à l’appui. Le quotidien local El Espanol a ensuite publié un autre reportage sur les conditions de travail de ces Marocaines dans les champs de fraise en Espagne.

Dès que le gouvernement andalou a eu connaissance des présumés abus sexuels sur les travailleuses immigrées, « recrutées à l’origine au Maroc avec un quota approuvé par le ministère du Travail« , il a convoqué « immédiatement toutes les ONG travaillant dans le domaine de l’immigration de Huelva« , a fait savoir le responsable local, lors d’une conférence de presse tenue à Cordoue.

Des « zones d’ombre » et « tolérance zéro »

Selon Luis Vergas, aucune ONG n’avait alors connaissance de l’existence sur place de « telles pratiques illégales et passibles de sanctions pénales« . Et d’ajouter : « Ces pratiques, si elles se sont produites, doivent être complètement éradiquées« . Ces zones d’ombre et d’impunité ne doivent pas être permises pendant la période de cueillette andalouse« , encore moins lorsqu’il s’agit d’une « population vulnérable ou sans défense qui peut être victime d’exploitation au travail ou d’exploitation sexuelle« , a-t-il estimé.

L’association interprofessionnelle de la fraise andalouse (Interfresa) – qui regroupe les entreprises opérant dans la production, la transformation et la commercialisation de la fraise et des fruits rouges – a également réagi à cette affaire. « Nous devons avoir une tolérance zéro pour ce genre d’attitudes« , a affirmé son président Pedro Marín Andrés au média local Huelvainformacion.es.

« C’est pour cela que nous avons contacté notre service juridique afin que tous les mécanismes prévus par la loi dans ce cas puissent être mis en marche« , a-t-il poursuivi, estimant que « dans tous les cas » ces événements « nuisent directement » à la filière.

Pedro Marín Andrés a également rejeté les accusations selon lesquelles ces pratiques présumées seraient « étendues dans tout le secteur des fruits rouges« . Toutes les personnes concernées par la filière resteront concernées jusqu’à ce que « tous ceux qui ont commis des actes illégaux se conforment à la loi« . « Nous aimerions que les coupables soient dénoncés (…) et punis« , a-t-il insisté.

Selon lui, Interfresa a adressé il y a quelques jours un courrier au barreau de Huelva l’informant que l’association restait à l’entière disposition de la justice en vue de mettre la lumière sur ces faits.

Des « dégâts considérables »

Même son de cloche du côté de la l’association des producteurs et exportateurs de fraises et fruits rouges de Huelva (Freshuelva). « Les informations publiées dans les différents médias internationaux sur les conditions de travail et d’exploitation sexuelle de ces immigrées temporaires ont fait des dégâts considérables », a regretté son président, Alberto Garrocho.

« Nous parlons d’un secteur qui génère une économie moyennement basse, mais il y a des gens qui peuvent être affectés par ces informations qui nuisent à l’image du secteur et aux travailleurs eux-mêmes, surtout lorsque c’est généralisé« , a expliqué Alberto Garrocho.

Les réactions de deux représentants de la filière de la fraise espagnole interviennent deux jours après l’arrestation d’un premier suspect dans le cadre de l’enquête. L’homme de 47 ans, de nationalité espagnole, était chargé de superviser le travail des ouvrières. Soupçonné d’agression sexuelle et de viol sur plusieurs victimes, il a été remis en liberté dans l’attente du procès.

Côté marocain, le ministère du Travail n’a pas encore réagi à ce dernier rebondissement. Le département de Mohamed Yatim, qui avait dans un premier temps appelé à la « vigilance à l’égard des vidéos circulant sur le net« , a fait savoir le 19 mai dernier « qu’aucun cas » d’abus ou de harcèlement sexuel n’avait été constaté parmi les 15.134 saisonnières marocaines ayant quitté le territoire marocain à destination de Huleva.

A ce jour, ni le ministère du Travail ni l’Agence nationale de promotion de l’emploi et des compétences (ANAPEC) n’ont répondu aux sollicitations de Telquel.ma.

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