Le géant japonais de la fibre optique Furukawa inaugure son usine tangéroise

Moulay Hafid Elalamy, ministre de l’Industrie, a inauguré le 9 mai, l’usine tangéroise de Furukawa. Depuis la ville du Détroit, le géant japonais ambitionne de fournir l’Afrique en fibres optiques à travers une main d’œuvre qu’il a lui-même formé. 

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Inauguration de l'usine Furukawa. Crédit: Ministère de l'Industrie.

Connecter le continent africain depuis le Maroc. C’est l’ambition du géant japonais de la fibre optique Furukawa qui a inauguré une usine à Tanger ce mecredi 9 mai. Située dans la zone franche de Tanger, cette usine de trois hectares a nécessité un investissement initial de 200 millions de dirhams. Une somme à laquelle va s’ajouter un investissement de 100 millions de dirhams à moyen terme. Le projet a été piloté par l’entreprise américaine OFS détenue par Furukawa depuis 2001.

Présent à cet inauguration, le ministre de l’Industrie Moulay Hafid Elalamy a déclaré que l’ouverture de cette usine s’inscrivait dans le cadre du plan d’accélération industrielle mis en place en 2014 et qui ambitionne de faire du secteur industriel un levier majeur de croissance.

« La croissance de la fibre optique sur le continent africain sera supérieure à la croissance du PIB africain», affirme pour sa part Pierre Marty, Senior Vice-président, Global Marketing et Ventes d’OFS. C’est cette croissance que veut capter l’industriel japonais, en optant pour le Maroc. Avant son inauguration officielle, l’usine avait déjà livrée un conteneur de fibres optiques à destination du Gabon. Le premier client n’est autre que Gabon Telecom, filiale de Maroc Télécom.

Pari des ressources humaines

La nouvelle usine compte actuellement 85 employés. Un chiffre qui devrait atteindre 210 employés à l’horizon 2020. « Nous tenons vraiment à garder le personnel que nous avons formés. La plupart a été formé au Brésil. A eux de former la deuxième puis la troisième génération» explique Jacques Fiorella, directeur général d’OFS Maroc.

Pour ce métier de pointe, les employés de l’usine n’ont pas droit à l’erreur. « Ce sont tous des emplois à haute valeur ajoutée. Nous recrutons des Bac+2 que nous formons dans nos usines par le monde », continue le directeur général. « Notre expertise prend du temps, c’est pour cela que le modèle de notre industrie ne peut pas avoir recours aux intérimaires, comme il peut en être question dans l’industrie automobile », précise le responsable. « A part le directeur général d’OFS Maroc, 100 % des employés sont Marocains » se félicite quant-à-lui, Pierre Marty.

Usine cherche écosystème

Malgré la présence d’un équipementier indien à 500 mètres de la nouvelle usine Furukawa de Tanger, le fabricant japonais peine à trouver des fournisseurs au Maroc. « La matière première que nous utilisons pour la fabrication de la fibre optique est très spécifique », explique ainsi Jacques Fiorella. Pourtant, ce n’est pas faute d’avoir essayé.

« Avant de nous installer, nous avons demandé au ministère de nous fournir la liste des producteurs locaux de matières premières nécessaires à notre industrie. Malheureusement, aucun de ces fournisseurs n’existe au Maroc. Nous travaillons avec des fournisseurs très spécialisés », poursuit le directeur général d’OFS Maroc.

Jacques Fiorella donne comme exemple le plastique PBT, utilisé dans la fabrication de fibre optique. « Le PBT est vraiment quelque chose de très sophistiqué et nous sommes les seuls au Maroc à faire de la fibre optique, c’est pour cela que nous n’avons pas de fournisseurs locaux. Le plastique vient d’Europe, d’Asie et des Etats-Unis. Ce sont de très grosses usines, pour s’installer au Maroc, il leur faut du volume, » explique-t-il.

Pourtant, quelques producteurs de plastique PBT commencent à voir le jour au Maroc. « Notre objectif et de les accompagner pour atteindre une taille suffisante pour qu’on puisse travailler avec eux », assure-t-il encore.