"Zanka bla violence", le collectif d'art qui lutte contre la violence faites aux femmes

"Zanka bla violence", le collectif d'art qui lutte contre la violence faites aux femmes

Du 27 mars au 5 avril prochain, le collectif  "Zanka bla violence", qui approche la question du harcèlement des femmes en rue à travers l'art, lancera une tournée nationale dans plusieurs villes du royaume, pour sensibiliser à cette problématique.

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Du 27 mars au 5 avril prochain, le collectif  « Zanka bla violence », qui approche la question du harcèlement des femmes en rue à travers l’art, lancera une tournée nationale dans plusieurs villes du royaume, pour sensibiliser à cette problématique.

« Zanka bla violence » (la rue sans violence)  réunit des artistes marocains et espagnols. Les membres du collectif sont Beatriz Villanueva, qui vit au Maroc depuis 7 ans, Monsef Kabri et Soufiane Guerraoui. L’idée de s’associer leur est venue naturellement, il y a un an. « En tant qu’artistes, on a la capacité et la volonté d’utiliser l’art pour proposer des solutions à des problématiques et d’interpeler le public« , nous explique Beatriz Villanueva.

Plusieurs évènements sont prévus dans les villes de Tanger, Fès, Rabat, Casablanca et Marrakech du 27 mars au 5 avril prochain. Des évènements organisés en partenariat avec ONU Femmes, OXFAM et l’institut français de Rabat.

Le collectif arpentera les grandes villes du pays à bord du camion-théâtre « spectacle pour tous » (le premier camion-théâtre d’Afrique du Nord). « On a trouvé que le camion était l’outil parfait pour aller à la rencontre de notre public« , détaille Villanueva.

Des volontaires pourront participer à une expérience qui leur permettra de se mettre dans la peau d’une victime. Par groupes de 4, les participants entreront dans le camion. A l’intérieur, ils suivront un parcours proposant une expérience multisensorielle, via des images, des sons, des vidéos, des objets interactifs. Le but est d’amener les participants à se questionner et à se mettre à la place des victimes de harcèlement.

Dans le camion, ils seront également invités à habiller des mannequins dans une tenue qui selon eux, « n’inviterait » pas au harcèlement. Le but étant de lancer un débat. L’activité est ouverte à tous, sauf à Rabat et à Tanger où le collectif a conclu un partenariat avec des lycées publics, pour « sensibiliser la jeunesse« .

Sensibilisation sur la scène

Le théâtre expérimental sera également mis à l’honneur durant l’évènement, sous forme d’un « théâtre forum ». La pièce de théâtre sera divisée en deux parties. La première est une représentation autour des violences dans la rue, jouée par des comédiens.

La seconde partie consiste en une sorte d’improvisation à laquelle le public pourra monter sur scène et remplacer les comédiens. « Cette année, on mènera le débat en partie sur le thème des observateurs. Ces gens qui sont témoins d’une agression en rue, que peuvent-ils faire? On part vraiment de l’idée que nous sommes tous concernés« , commente l’artiste espagnole.

Ce n’est pas la première fois que le collectif a recours au théâtre dans sa démarche de sensibilisation. En novembre dernier, la troupe avait présenté une pièce participative à Rabat, qui mêlait débat sur scène avec le public et déconstruction des idées reçues.

« Ca a très bien fonctionné à Rabat. C’est pour ça qu’on retente l’expérience, mais cette fois-ci on a affiné le projet avec les feedbacks reçus lors de la première représentation« , explique encore Beatriz Villaneuva.

A Rabat, les organisateurs s’étaient vite rendu compte qu’il y avait un réel manque de connaissance de la part des participants, concernant les chiffres sur les agressions de femmes dans la rue. Ils ont donc décidé d’intégrer la diffusion de ceux-ci lors des prochains évènements.

Grâce à son partenariat avec ONU Femmes, le collectif a pu disposer des chiffres exacts d’une étude (les hommes et l’égalité des sexes dans la région Rabat-Salé-Kénitra), réalisée par l’ONG en 2016 et dévoilée le mois dernier. Pour le collectif, arriver à améliorer les connaissances de la population à ce sujet c’est un « objectif de mi-parcours dans le processus de prise de conscience« .

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