Droits de l'Homme : pour Amnesty, le Maroc peut mieux faire

Amnesty International a publié ce jeudi son rapport annuel sur la situation des droits de l'Homme. Le Maroc n'y est pas ménagé. Le Royaume est montré du doigt, surtout pour la répression des libertés d'expression, d'association et de réunion. Le point.

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Crédit: Rachid Tniouni

Le ton est mesuré, mais les critiques sont sévères à l’encontre du Maroc. C’est la conclusion qu’on peut tirer du rapport annuel d’Amnesty International pour 2017/2018 et qui a été dévoilé ce jeudi à Rabat par l’antenne marocaine de l’ONG. Le gouvernement marocain a continué à « réprimer toute personne qui tentait de s’exprimer à haute voix exigeant des droits humains », écrit Amnesty International à propos du Maroc dans le préambule de son rapport de quelque 500 pages.

Pour l’ONG le Maroc, l’Algérie et la Tunisie ont cela de commun que les autorités y commettent une « atteinte grave à la liberté d’expression, d’association et de réunion ». Ces atteintes, relève Amnesty, visent essentiellement les journalistes et les défenseurs des droits humains alors que sur Internet la liberté d’expression est « sévèrement et étroitement contrôlée ».

Dans ce sens, l’ONG rappelle qu’au Maroc, 8 journalistes et blogueurs ont été arrêtés entre les mois de mai et août 2017 et ont été jugés et condamnés en vertu du Code pénal pour de graves accusations dont « l’atteinte à la sûreté de l’État ».

Usage excessif de la force et torture

Amnesty International note que les autorités marocaines ont fait un usage excessif de la force pour réprimer les manifestations pacifiques dans le Rif et à Zagora. Mais aussi lors de manifestations locales peu médiatisées comme celles de militants écologiques un peu partout dans le royaume.

Le Maroc est aussi pointé du doigt pour ne pas s’être doté d’un mécanisme national contre la torture. Amnesty fait également remarquer que les allégations de torture ne donnent pas suite à des enquêtes « sérieuses ».

L’ONG relève également que, malgré les recommandations de l’IER, le Maroc continue sur la voie de l’impunité en n’instruisant pas les graves violations des droits humains perpétrées entre 1956 et 1999.

La force excessive au Maroc s’exerce aussi contre les migrants en situation irrégulière selon Amnesty qui regrette de voir le Royaume tarder à adopter une loi sur l’asile, malgré les efforts qu’il a fournis pour régulariser des milliers de subsahariens essentiellement. À l’issue de ce rapport, l’ONG adresse un message sans équivoque au gouvernement marocain qui est invité à mettre en place « une politique concrète qui change le quotidien des citoyens« .

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