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70%

Par Omar Saghi

Parmi les nombreux exemples du mal-développement marocain, la sous-bancarisation fut longtemps emblématique. Le nombre de ménages marocains ayant accès aux services bancaires est resté très bas jusqu’à récemment. Très bas par rapport à la norme régionale. Le Maroc faisait moins bien que l’Algérie, la Tunisie ou l’Egypte. Mais, après tout, le Maroc faisait moins bien que ses voisins dans à peu près tous les domaines : alphabétisation, urbanisation, santé publique… Pourtant, la bancarisation dit beaucoup plus sur le système sociopolitique marocain que les autres critères. La faiblesse marocaine dans l’éducation ou la santé publique trouvait une explication immédiate : un régime conservateur et traditionnaliste se devait mécaniquement d’enregistrer de tels retards. Le faible taux de bancarisation était plus difficile à expliquer : après tout, le Maroc était un pays pro-occidental, à l’économie de marché, ouvert sur la mondialisation. Mieux, le Maroc était doté des plus grandes banques privées de la région. Alors comment expliquer ce paradoxe : au pays de la BMCE, le nombre de comptes en banque était ridiculement bas.

Il faut pour.

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