Femmes adouls: le prédicateur Hassan Kettani s'insurge, une association le recadre

La réaction sur Facebook du prédicateur Hassan Kettani à la décision royale d'ouvrir la profession d’adoul aux femmes lui a valu un sévère recadrage d'une association de "lutte contre l’extrémisme".

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Le Cheikh Kettani (centre) Crédit: Rachid Tniouni

La réaction sur Facebook du prédicateur Hassan Kettani à la décision royale d’ouvrir la profession d’adoul aux femmes lui a valu un sévère recadrage d’une association de « lutte contre l’extrémisme ».

« Absurdité, foutaises purement laïques, profonde ignorance des percepts du fiqh islamique… » le prédicateur salafiste Hassan Kettani n’a pas lésiné sur les mots après  la décision royale d’ouvrir la profession d’adoul aux femmes.

Sur Facebook, le prédicateur a multiplié ces derniers jours sur sa page Facebook les missives en direction des oulémas. Il a notamment déclaré: « Ceci est contraire aux exégèses de [notre] rite malékite et de l’ensemble de la Oumma. Qu’une femme atteste du contrat de mariage corrompt et invalide toute union légale entre les deux mariés« .

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Dans un communiqué, le Front national de lutte contre l’extrémisme et le terrorisme (FNLET) estime que les propos du prédicateur sont une expression du « refus d’accepter le verdict des institutions constitutionnelles religieuses spécialisées et consultées par le souverain.

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Le FNLET considère que les déclarations de Kettani sont « une tentative des cheikhs fondamentalistes de monopoliser le débat religieux et d’en faire un fonds de commerce à coup d’interprétations phallocrates des textes religieux« .

Kettani, ancien conseiller du roi Fayçal d’Arabie Saoudite et fondateur de la Rabita internationale des oulémas, n’en démord pas. Il affirme ainsi que la décision d’embaucher des femmes comme adoul porte atteinte aux fondements même de la législation islamique.

« La Chariaâ n’est pas un jeu d’enfant » martèle-t-il. « Aujourd’hui, des femmes deviennent adouls. Il ne reste qu’à attendre qu’elles soient demain désignées comme imams et prêchent la bonne parole dans les minbars des mosquées« .

Le FNLET  manifeste pour sa part le « soutien total à la décision historique du roi qui consolide par son engagement les principes de l’égalité et lève la discrimination à l’encontre des femmes« .

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