Casablanca : des conducteurs Heetch agressés "chaque jour" par d’autres chauffeurs de taxi

Crédit: Yassine Toumi/Telquel

Depuis le lancement, le 17 novembre à Casablanca, de l’application de réservation de taxis Heetch, les chauffeurs qui l’utilisent sont la cible « quotidienne » d’agressions. Les responsables de la plateforme regrettent l’amalgame qui est fait avec les services de Voitures de transport avec chauffeur (VTC), tels Uber ou Careem.

Vendredi soir, 19h. Moutaa reçoit sur son smartphone une demande d’un usager de l’application Heetch, qu’il utilise depuis un mois. Il accepte la requête, et se dirige vers le point indiqué par la géolocalisation de son appareil. Le client lui demande de se rendre à Sidi Moumen.

Le trentenaire s’exécute, comme il le fait depuis dix ans qu’il travaille comme taximan. Sauf qu’une fois arrivé dans la rue indiquée par son passager, il se fait bloquer par deux taxis rouges qui le prennent en sandwich. Leurs occupants descendent pour le « braquer« .

Alerté par les cris de la victime, un policier accourt, embarquant tout le monde au poste. Dans leurs dépositions, les agresseurs reconnaissent qu’ils ont agi pour protester contre la « concurrence » de Heetch.

Aujourd’hui, Moutaa a peur à chaque fois qu’un voyageur Heetch monte à bord de son véhicule. Il continue pourtant à se servir de la plateforme de réservation, aussi bien comme chauffeur que comme passager.

« Grâce aux profils et aux avis, on connaît celui qui va venir nous chercher. Et en plus, il vient à la maison« , explique ce pionnier. Suivant le côté du siège sur lequel il se trouve, il considère que la commission de dix dirhams n’est « rien » par rapport à la prestation proposée, même si elle lui permet d’arrondir « un peu » sa fin de mois.

« 98 % des chauffeurs de taxi désormais conventionnés »

Selon Hicham Amadi, président du conseil d’administration de Heetch Maroc, ce genre d’attaques survient « chaque jour » dans la capitale économique, où son service a été lancé le vendredi 17 novembre dernier.

Pour lui, elles sont l’œuvre d’individus « contre le progrès, la modernisation et l’intérêt du secteur« . Le représentant de cette start-up, créée en France en 2013, a identifié principalement deux modes opératoires : la fausse course – comme décrite plus haut – et le ciblage des taxis porteurs d’autocollants « Fiddek », certification délivrée par la marque au pouce.

L’entreprise souhaite respecter le cadre légal, et marquer sa différence par rapport aux VTC, dont les pilotes sont des particuliers conduisant des voitures banalisées. Pour cela, elle a signé ce mercredi une lettre d’intention avec 19 syndicats – s’ajoutant à la convention déjà conclue avec l’Union marocaine du travail (UMT). « Cela nous permet d’être désormais partenaires de 98 % des chauffeurs de taxi« , revendique Hicham Amadi – qui précise toutefois qu’il n’est nul besoin d’être syndiqué pour devenir adhérent.

Les candidats doivent simplement posséder une automobile de moins de sept ans, souscrire à la charte des valeurs « friendly » de Heetch, et suivre une formation de 45 heures. Faute de créneaux disponibles dans l’emploi du temps des intéressés, la direction admet qu’aucun de ses 200 conducteurs – sur un objectif de 3.000 d’ici juin, s’étendant à l’ensemble du territoire marocain – n’a encore validé tous les modules. En un mois et demi, l’application a été téléchargée quelque 15.000 fois, par des consommateurs qui ont effectué chacun « au moins un trajet ».

Lire aussi : « Fiddek », l’appli taxi qui veut concurrencer Uber et Careem

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Patricia Buisson, spécialiste de la "politique de prix", en renfort chez Total Maroc

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