A l'ONU, le Maroc défend l'intervention militaire au Yémen

Un diplomate rattaché à la mission permanente du Maroc à l’ONU a défendu la légalité de l’intervention de la coalition arabe au Yémen lors d’un débat organisé par le Conseil de sécurité. Une réaction officielle rare, au sujet de cette intervention militaire critiquée.

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F-16 marocain. Crédit AFP

Un diplomate rattaché à la mission permanente du Maroc à l’ONU a défendu la légalité de l’intervention de la coalition arabe au Yémen lors d’un débat organisé par le Conseil de sécurité. Une réaction officielle rare, au sujet de cette intervention militaire critiquée.

« L’action de la coalition pour restaurer la légitimité au Yémen est conforme aux droits énoncés dans la Charte des Nations Unies et au droit international« , a déclaré Omar Kadiri, diplomate rattaché à la Mission permanente du Maroc auprès de l’ONU, lors d’une réunion publique qui avait pour thème « Les enfants et les conflits armés ».

Selon ce responsable, les opérations menées sur le sol yéménite s’inscrivent dans le cadre de la résolution 2216 des Nations unies. Initiée « à la demande du président légitime » Abdrabbo Mansour Hadi – réfugié temporairement en Arabie saoudite après la prise de Sanaa par les rebelles chiites houtis restés fidèles à l’ex-chef de l’État Ali Abdallah Saleh -, cette force a été mise en place pour « soutenir la transition politique au Yémen« .

« L’objectif de cette action est d’assurer la protection des civils à la suite de l’escalade militaire des Houtis, qui ont miné la paix, la stabilité et la sécurité« , a commenté le diplomate cité par l’agence MAP. Pour lui, « la cause principale de la mort des enfants au Yémen est leur recrutement délibéré et systématique par les Houtis comme soldats, et leur utilisation comme boucliers humains« . Omar Kadiri regrette que cela n’ait pas été souligné dans le rapport du secrétaire général de l’ONU sur le sort des mineurs en temps de guerre, présenté ce mardi au Conseil de sécurité.

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Début septembre, Human Rights Watch (HRW) pointait la responsabilité des membres de l’alliance arabe dans la mort notamment de seize civils, après un bombardement aérien dans la capitale. « La coalition a reconnu avoir effectué cette attaque, mais n’a fourni aucun détail sur les éléments impliqués« , dénonçait l’ONG. Cette dernière, qui affirme  avoir adressé des courriers à chacun des protagonistes, dont le Maroc, critique globalement le manque de transparence à propos de ces offensives.

« Aucun participant ne peut prétendre avoir les mains propres. À moins que chacun explique son rôle dans les mouvements illicites dont nous avons connaissance« , soutient Sarah Leah Whitson, la directrice de HRW pour le Moyen-Orient. « Cela frise l’absurde quand la coalition dit que ses propres investigations sont crédibles, alors même qu’elle refuse de divulguer des informations simples, comme quel pays prend part à quel assaut« .

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Sous la houlette du voisin saoudien, les nations du Conseil de coopération du Golfe, ainsi que l’Égypte, la Jordanie, le Soudan, le Qatar (retiré depuis juin dernier) et bien sûr le Maroc, ont lancé des manœuvres militaires conjointes, à partir du 25 mars 2015. Selon l’OMS, en deux ans et demi, le conflit yéménite a causé plus de 8.650 morts et 58.600 blessés – menaçant également de famine quelque sept millions de personnes.

Lors de l’intervention militaire au Yémen, le Maroc a perdu un soldat, Yassine Bahti, suite au crash de son avion F-16.

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