Accusés de "diffamation" par Hakim Benchamach, des journalistes réagissent

Le président de la Chambre des conseillers compte poursuivre en justice les sites Maarif Press et Barlamane.

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Hakim Benchamach après son élection à la tête de la 2e chambre. Crédit: R. Tniouni
Hakim Benchamach après son élection à la tête de la 2e chambre. Crédit: R. Tniouni

C’est dans une publication Facebook datant du 18 octobre que le président de la Chambre des Conseillers , Hakim Benchamach, a annoncé son intention de porter plainte contre deux médias électroniques, à savoir Mâarif-Press, Barlamane, et contre le journaliste Mustapha El Fan et le blogueur Abdelouahed Bourhim.

Le président de la Chambre des conseillers affirme notamment avoir été accusé d' »enrichissement brusque et illégal« , « acquisition d’un palais en argent liquide » et « implication du roi dans des largesses« . Une réaction qui fait notamment suite au débat houleux du 12 octobre au siège du PAM à Rabat, durant lequel les accusations avaient fusé de toute part ainsi que d’autres articles consacrés aux activités parlementaires du président de la Chambre des conseillers

« Ce statut Facebook n’a aucune valeur juridique, tandis que notre article, paru il y a 20 jours, est basé sur les données dont nous disposons« , estime de son côté Khalid Boubekri, directeur de publication de Barlamane.

Il regrette que le quatrième homme dans la hiérarchie de l’État ait préféré recourir aux poursuites judiciaires plutôt que demander une mise au point à l’organe concerné comme le permet le Code de la presse au Maroc. Dans l’optique d’une procédure judiciaire, Boubekri insiste sur la présence de Benchamach en tant que plaignant. « Elle serait capitale« , précise-t-il.

Les journalistes mettent au défi Benchamach

« Mon appel à la justice ne va pas à l’encontre de la liberté d’expression et de critique. C’est de diffamation, d’atteinte à la dignité de ma propre personne et à ma réputation qu’il s’agit« , déclare le président de la Chambre des conseillers.

« Cette attaque porte atteinte à l’institution qu’est la deuxième Chambre« , commente pour sa part Fathallah Refaï, patron de Maârif-Press. Couvrant depuis plus de 20 ans l’actualité parlementaire, il rappelle que cette décision devrait passer par un mécanisme administratif propre qui notifie à l’organe médiatique officiel (MAP) ledit recours en justice.

Refaï assure par ailleurs que son support est visé depuis la publication d’articles sur « la diplomatie parlementaire et les dysfonctionnements constatés au sein de la Chambre des conseillers« . « Je le mets au défi d’aller jusqu’au bout de la poursuite« , poursuit-il. À l’heure où nous publions cet article, les deux médias n’ont reçu aucun avis de tribunal.

Mustapha El Fann a quant à lui choisi Facebook comme moyen de riposte. « L’annonce de Benchamach a comme objectif d’intimider certaines plumes journalistiques qui ont osé écrire sur sa  ‘sainte’ personne« , écrit-il. Dans sa tirade sur le réseau social, le journaliste arabophone invite même le président PAM de la deuxième Chambre à « tirer au clair sa situation patrimoniale (…) comme le demandent ses camarades de parti« .

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