Altercation à Maputo: Le Japon s'était opposé à la participation du Polisario (document)

Une lettre d'un diplomate japonais, adressée au chef de cabinet du président de la Commission de l'UA, prouve que le pays du soleil levant a refusé la participation du Polisario à la fameuse réunion du Ticad, où les séparatistes ont tenté de s'imposer, appuyés par le pays hôte, le Mozambique.

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A Maputo, le Mozambique a tenté d'imposer la présence du Polisario à une réunion du Ticad. Crédit DR

Jeudi 24 août, le Polisario a tenté d’imposer sa présence à la réunion ministérielle de suivi de la TICAD (Conférence internationale de Tokyo sur l’Afrique) qui se tient à Maputo actuellement, aidé en cela par le pays hôte le Mozambique. L’attitude du front séparatiste, qualifiée de « cavalière » par une source proche de la diplomatie marocaine, s’est muée en échauffourée dans les couloirs de la salle de conférence. Les Mozambicains ont même eu recours à des forces de sécurité pour barrer la route à la délégation marocaine pourtant dûment accréditée. Selon la diplomatie marocaine, le Japon a exprimé son « refus » de voir imposée une délégation qui n’était pas conviée aux débats à la base. Pour l’heure, la diplomatie japonaise ne s’est pas officiellement exprimée.

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Un document de la diplomatie japonaise permet toutefois de retracer l’origine des tensions. Il s’agit d’une missive datée du 30 mai 2017 adressée par Takeshi Osuga, ambassadeur, directeur général du département des affaires africaines du ministère japonais des Affaires étrangères, envoyée à Jean Mfasoni, chef du cabinet du président de la Commission de l’Union Africaine. Le Japonais revient justement sur un épisode qui préfigurait l’incident de Maputo: une téléconférence. Le diplomate japonais explique que le chef du département des partenariats et de la coordination de la Commission de l’UA a émis la remarque que la liste des invités à la conférence Ticad de ce mois d’août était « incomplète« , car elle ne liste pas « l’ensemble des 55 pays de l’Union incluant le « Sahara occidental ». « J’ai répondu que le nombre de pays africains pour le Japon est de 54: 53 pays ainsi que le Mozambique comme pays hôte. Nous n’avons pas discuté le sujet plus en profondeur, étant donné que la qualité de la communication était mauvaise, et que les voix des participants à la téléconférence étaient à peine audibles », détaille Osuga.

Catégorique, le diplomate japonais écrit que le « Sahara occidental ne sera pas invité en tant que pays africain lors du sommet ministériel au Mozambique en août « . Plus loin, l’ambassadeur Osuga explique que son pays ne « reconnaît pas le Sahara occidental comme étant un Etat, que ce soit de manière explicite ou tacite« . Pour cette raison, il n’a « jamais été invité dans les précédentes réunions du Ticad, que ce soit en Afrique, au Japon, et quel que soit le niveau de participation aux rencontres« . Takeshi Osuga rappelle que le Ticad « n’est pas un sommet bilatéral entre le Japon et l’Union africaine », mais « un sommet multilatéral pour les partenariats internationaux avec les pays africains, dirigé par le Japon et co-organisé avec des instances internationales« .

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