Vers l'apaisement entre le Hirak et les forces de l'ordre à Al Hoceima ?

Les forces de l'ordre se sont retirées le 3 juillet de la place Mohammed VI, surnommée place des martyrs par les activistes du Hirak. Faut-il y voir un signe d'apaisement ?

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Crédit: AFP PHOTO / FADEL SENNA

Si les éléments des forces antiémeutes, des forces auxiliaires et de la gendarmerie royale ont fait leur apparition le 3 juillet sur les plages d’Al Hoceima, nouveau terrain de protestation pour les manifestants du Hirak, les forces de l’ordre ont quitté la place Mohammed VI du chef-lieu du Rif.

« Ce retrait partiel a été opéré pour apaiser la situation ici« , estime El Mortada Iamrachen, une des figures du Hirak, actuellement poursuivi en état de liberté provisoire en vertu de la loi antiterroriste  pour « incitation et apologie d’une organisation« .  » C’est un pas positif, mais nous n’avons pour le moment aucune garantie sur notre principale revendication : la libération des manifestants arrêtés« , ajoute-t-il.

Pour Ali Belmezian, président de la section locale de l’Association marocaine des droits humains (AMDH), ce retrait témoigne d’une « volonté d’apaisement de la situation à l’approche de la saison estivale qui annonce l’arrivée des Marocains résidents à l’étranger. Avoir des forces de l’ordre qui encerclent la principale place de la ville n’est pas très agréable« , dit-il. Belmeziane précise que les forces de l’ordre interviennent « dès qu’il y a des manifestations« .

La théorie de l’apaisement est toutefois relativisée par la conseillère communale PJD Souad Chikhi. « Il est précipité  de parler d’apaisement alors que le retrait ne s’est opéré qu’au niveau de la place Mohammed VI. Le déploiement sécuritaire est toujours en vigueur à Al Hoceima et ses environs et il faudrait attendre les prochains jours pour en juger« , nous explique l’élue locale. Elle en veut pour preuve l’intervention des forces de l’ordre sur les plages.

Pour le moment, les manifestations organisées sont « éparses » et aucune forme de protestation à grande échelle n’est prévue, car « les leaders sont en prison » relève El Mortada Iamrachen. « Des deux côtés, il y a certaines personnes qui essaient d’attiser les tensions, mais nous n’allons pas flancher. Nous espérons qu’une issue soit trouvée, mais la principale condition c’est que les autorités libèrent les prisonniers« , affirme-t-il.

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Patricia Buisson, spécialiste de la "politique de prix", en renfort chez Total Maroc

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