Des acteurs de la société civile appellent à une médiation apaisée avec le Hirak

Libération des détenus, solidarité avec leurs familles, et rupture avec les accusations de trahison visant les activistes du Hirak, sont les principales revendications des différentes associations appelant à l'apaisement dans le Rif.

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Crédit : Yassine Toumi/TELQUEL

Deux initiatives viennent d’être lancées par la société civile pour soutenir les manifestants d’Al Hoceima, les activistes détenus, leurs familles, et appeler au dialogue. Des initiatives lancées peu après l’arrestation de plusieurs activistes du Hirak à Al Hoceima.

Soutien logistique aux familles des détenus

La première initiative, baptisée « front national pour le soutien du mouvement populaire », est lancée par le mouvement Anfass démocratique, l’association GADEM, Attac Maroc, le mouvement espoir et quatre autres associations. Un communiqué conjoint de ces collectifs, publié le 30 mai, appelle à la « libération immédiate de tous activistes détenus » et à mettre fin à « la tension sécuritaire » dans la région d’Al Hoceima. Les signataires annoncent également la création d’un comité pour « soutenir au niveau logistique les familles des détenus ».

Ce « front » qui reprend les mêmes éléments de langages du Hirak, déplore « l’utilisation des mosquées et de la télévision publique pour accuser les manifestants de Fitna [zizanie, NDLR] ». L’alliance dénonce également « l’approche sécuritaire » de l’État et l’accuse d’avoir « ignoré longtemps le Hirak« .

« Privilégier le dialogue »

De son côté, « l’initiative d’Al Hoceima » réunit plusieurs acteurs civils, culturels et des académiques, comme le militant amazigh Ahmed Assid, le président du mouvement Damir, Salah El Ouadie, et l’islamiste Mustapha Al Mouatassim. Ces derniers appellent au « dialogue » entre les autorités et le Hirak, car « le dialogue est une fin en soi (…) sa légitimité est tributaire de la rapidité de mise en oeuvre de ses résultats par une instance nationale, régionale et locale qui veille sur le suivi et l’évaluation« .

Les tenants de cette initiative réclament « la rupture avec les accusations de trahison adressées au mouvement revendicatif » , et insistent également sur « la libération des détenus« , « le traitement rapide des revendications relatives à l’enseignement et à la santé« , ainsi que la mise en oeuvre du programme de développement de la région d’Al Hoceima.