Affaire de l'UGTM: la DGSN répond à Mustapha Ramid

Pour le ministre d'État aux Droits de l'Homme, l'interruption du congrès de l'UGTM par la DGSN "n’était ni appropriée, ni nécessaire". L'institution dirigée par Abdellatif Hammouchi soutient pour sa part que cette intervention rentrait dans le cadre d'une "exécution d'instructions écrites" de la justice.

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Crédit: R. Tniouni

La Direction générale de la sûreté nationale (DGSN) explique dans un communiqué publié le 25 avoir agi « sur une base strictement juridique et sous un angle purement judiciaire » et , « loin de toute motivation politique ou syndicale« , lors du congrès extraordinaire de l’Union générale des travailleurs marocains (UGTM) organisé par le clan pro-Chabat le 21 mai dernier à Rabat.

Pour la DGSN, l’intervention des forces de l’ordre avait pour but de garantir l’exécution d’un ordre émis par le procureur du roi à Salé. L’institution dirigée par Abdellatif Hammouchi explique aussi avoir agi pour apporter le « soutien nécessaire à l’huissier de justice pour l’exécution de la décision en référé » du tribunal.

La communication de la DGSN intervient après la sortie de Mustapha Ramid, ministre d’État chargé des Droits de l’Homme, qui avait déclaré le 23 mai que l’intervention policière « n’était ni appropriée, ni nécessaire« . L’ancien ministre de la Justice avait expliqué que le tribunal de Salé a décidé la « suspension du congrès » et non pas « l’utilisation de la force publique« . Il avait également estimé que cette intervention « remettait en question la neutralité des autorités » dans ce conflit syndical qui n’avait pas besoin selon lui de « mesures extraordinaires« .

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Dans le but d’interdire le congrès du 21 mai, Enaâm Mayara, chef de file du clan anti-Chabat à l’UGTM, avait saisi le tribunal de Salé le 19 mai. Le clan Hamid Chabat avait obtenu de son côté une autre décision la même journée du tribunal de Rabat autorisant la tenue du congrès.

Enaâm Mayara, un proche de Hamdi Ould Rchid, a été porté à la tête de l’UGTM à l’issue d’un précédent congrès extraordinaire tenu le 7 mai et que le clan Chabat qualifie de putsch. L’élection d’Enaâm Mayara à la tête de l’UGTM a été rejetée par le candidat de Chabat, Kafi Cherrat qui estime que Mayara « manque de légitimité« . Dans la foulée, il avait gelé la trésorerie du syndicat, et porté plainte contre le congrès tenu par les opposants de Chabat avant d’organiser à son tour le congrès du 21 mai qui a été interrompu par la DGSN.