UGTM: Mustapha Ramid s'oppose à l'interdiction du Congrès de Chabat

Le ministre des Droits de l'Homme estime que l'intervention policière lors du congrès du syndicat de l'Istiqlal met en doute la neutralité des autorités dans le conflit de l'UGTM.

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Mustapha Ramid © Yassine Toumi/TELQUEL

Mustapha Ramid, ministre d’État aux Droits de l’Homme, a peu goûté l’intervention de la DGSN pour interdire le congrès extraordinaire de l’Union générale des travailleurs au Maroc (UGTM) tenu par l’aile de l’Istiqlal favorable à Hamid Chabat le 21 mai dernier à Rabat. Dans un texte publié le 23 mai sur sa page Facebook, l’avocat, ministre de la Justice sous Benkirane, a estimé que l’intervention des forces de l’ordre « n’était ni appropriée, ni nécessaire« .

Dans un communiqué, la DGSN avait expliqué que son intervention avait pour seule finalité « l’exécution d’une décision en référé émise par une autorité judiciaire compétente sur la base d’une ordonnance écrite du parquet compétent« . La justice avait été saisie le 19 mai par Enaâm Mayara, chef de file du clan anti-Chabat au sein du syndicat, porté à la tête de l’UGTM à l’issue d’un précédent congrès extraordinaire que le clan Chabat qualifie de putsch.

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Mustapha Ramid a rappelé que le jugement du tribunal de Salé a décidé la « suspension du congrès » et non pas « l’utilisation de la force publique » pour l’exécution de la décision de la justice dans ce conflit syndical. « La justice n’a pas l’habitude de faire ce genre de recours, et on se demande si dorénavant tous les plaignants dans des cas similaires pourront profiter de l’intervention des forces publiques », s’interroge le ministre. Pour Ramid, la police « pouvait éviter de recourir à ce genre d’interdiction », car « cela pose plusieurs questions et remet en question la neutralité des autorités » dans ce conflit syndical qui n’a pas besoin de « mesures extraordinaires ».

L’élection d’Enaâm Mayara à la tête de l’UGTM est rejetée par le candidat de Chabat, Kafi Cherrat, pour qui le nouveau SG du syndicat « manque de légitimité« . Dans la foulée, il avait gelé la trésorerie du syndicat, et porté plainte contre le congrès tenu par les opposants de Chabat avant d’organiser à son tour le congrès du 21 mai qui a été interrompu par la DGSN.