Heures supplémentaires dans le privé: les syndicats critiquent la décision de Mohamed Hassad

Le ministère de l'Éducation nationale a donné son feu vert aux enseignants du public souhaitant faire des heures supplémentaires dans le privé. Une décision critiquée par les syndicalistes.

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Mohamed Hassad. Crédit: Yassine Toumi.

Les centrales syndicales adoptent une position mesurée au sujet de la dernière décision du ministère de l’Éducation nationale quant à l’autorisation des enseignants du secteur public d’effectuer des heures supplémentaires au sein d’établissements privés. « Ce type de mesure pèse peu dans la configuration actuelle. Le ministère essaie de faire du bricolage, mais la problématique du secteur de l’enseignement est plus grande« , nous explique Allal Belarbi, secrétaire général du syndicat national de l’enseignement, affilié à la CDT. « Le plus important pour nous, c’est la réforme de ce secteur qui en a grandement besoin. La situation est insoutenable, et cela a des conséquences graves sur l’éducation« , poursuit-il.

De son côté Abderrazak Drissi, secrétaire général de la Fédération nationale de l’enseignement (FNE), estime qu’en adoptant cette mesure, « l’État a emprunté un chemin qui encourage l’enseignement privé au détriment du secteur public. Je ne parle pas uniquement du cas des ressources humaines. Les dossiers épineux et brûlants s’entassent, et la situation est au point mort depuis 2011« .

Pour autant, cette décision du ministère de l’Éducation ne suscitera pas de grosse opposition au niveau des syndicats, car « le dialogue s’est installé entre les centrales syndicales et le ministère«  Le 26 avril, Mohamed Hassad avait tenu une réunion concluante avec les principaux représentants syndicaux du secteur de l’enseignement. « Le ministre s’est engagé à régler les problématiques les plus urgentes de notre secteur et nous a donné rendez-vous d’ici fin juin pour faire le bilan de son action« , nous confie le secrétaire général de la FNE.

Au cours de cette réunion, Mohamed Hassad a notamment promis de mettre à disposition 260.000 tables pour les salles de classe, et de recruter 24.000 nouveaux enseignants d’ici la rentrée prochaine afin de résoudre les problèmes liés à l’encombrement des classes et au manque d’effectif dans certains établissements. « On espère que ces promesses seront tenues« , conclut Abderrazzak Drissi.

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