Mohammed VI : «Toute tentation d’exercer un leadership national en Afrique est vouée à l’échec »

Mohammed VI : «Toute tentation d’exercer un leadership national en Afrique est vouée à l’échec »

Lors d’un discours prononcé en son nom lors de l’ouverture du « Governance Weekend » de la Fondation Mo Ibrahim, Mohammed VI a évoqué le modèle de gouvernance africain et la place du Maroc en Afrique.

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Crédit: Mo Ibrahim Foundation
Crédit: Mo Ibrahim Foundation

Lors d’un discours prononcé en son nom lors de l’ouverture du « Governance Weekend » de la Fondation Mo Ibrahim, Mohammed VI a évoqué le modèle de gouvernance africain et la place du Maroc en Afrique.

« L’Afrique ne constitue nullement une menace ni pour elle-même ni pour les autres». C’est par cette phrase que le roi Mohammed VI a débuté le discours lu en son nom par son conseiller André Azoulay à l’occasion de l’ouverture de la « Mo Ibrahim Foundation Governance Week » le 7 avril à Marrakech. Pour le souverain, le continent représente, au contraire, « un espace de développement durable prometteur et ouvert à tous les partenariats ».  Ce développement passe néanmoins, selon le souverain, par la valorisation « nécessaire » des ressources de l’Afrique.

Autre nécessité pour contribuer au développement des pays africains: « l’ancrage d’une bonne gouvernance » dans le fonctionnement des institutions, des économies et des sociétés qui, selon Mohammed VI, n’est pas encore « assuré ».  Le souverain estime néanmoins qu’il ne faut pas céder à « l’afro-pessimisme » en raison de la « forte et sincère volonté » animant les  élites politiques, économiques et associatives du continent qui sont désormais « de plus en plus à l’écoute des attentes légitimes des populations ».

Partage de connaissance

Lors de son intervention, le souverain a également évoqué les modèles de gouvernance pour les pays africains. Selon Mohammed VI, les pays africains ne peuvent pas  importer ou se voir imposer des modèles de gouvernance résultant d’ « une accumulation historique spécifique et d’itinéraires particuliers ». Le souverain suggère que ces modèles soient  « adaptés et ajustés au contexte africain » sachant que l’Afrique  dispose « d’instruments authentiques de solidarité  et des pratiques ancestrale » qu’il suffirait «  de moderniser, d’amender ».

Le discours prononcé par André Azoulay a également été l’occasion de promouvoir certaines initiatives marocaines destinées à être partagées au niveau africain. A titre d’exemple, le souverain mentionne « la réforme structurante de la régionalisation avancée[…] la mise au point de schémas de financement innovant, destinés à des projets phares ; l’instauration d’un fonds souverain qui permet désormais la participation directe d’investissements souverains internationaux aux stratégies nationales de développement [et]  l’action citoyenne et volontaire de plusieurs grandes entreprises publiques pour allier le développement économique et les réalisations à fort impact social et local ».

Défis et ambitions

Lors de ce discours, le souverain a également évoqué sa vision de l’Afrique. Pour Mohammed VI, « toute tentation d’exercer un leadership national en Afrique est vouée à l’échec ». Selon Mohammed VI, cette vision doit s’effacer au profit de la « promotion des intérêts communs, de l’effort collectif et du partenariat gagnant-gagnant » car les pays africains font face aux mêmes « défis et ambitions ». Une notion de partage  que le roi avait déjà évoqué lors de ses discours prononcés devant la Conférence de l’UA ou encore  à l’ouverture du Forum Crans Montana. Pour Mohammed VI la mise en place de ce type de partenariat permettra de gagner « la bataille du développement inclusif ».

Une bataille à laquelle le Maroc participe, selon le souverain,  depuis quelques années  à travers  « la ratification de nombreux accords de coopération, l’ouverture croissante de ses universités et des ses instituts de formation aux étudiants africains » ainsi que la concrétisation d’  « initiatives bilatérales et régionales, notamment en matière de sécurité alimentaire, d’énergie, d’infrastructures de production et de service, ou encore de développement humain ».  Une référence claire aux accords signés lors des visites royales au Nigéria, au Rwanda, à  la Guinée ou encore à l’Ethiopie.

Place à la jeunesse

Pour Mohammed VI le développement de l’Afrique passe également par des efforts à fournir dans les domaines de « l’éducation, la formation et le renforcement des capacités de nos générations futures ». Des efforts nécessaires car la jeunesse africaine doit pouvoir « bénéficier d’une gouvernance performante, jouir de la plénitude de leurs droits et être les acteurs, sur les plans politique, économique  ou associatif de leur propre épanouissement.  « Il ne suffit plus d’être visionnaire pour réussir la métamorphose de l’Afrique » selon Mohammed VI qui estime que cette ingéniosité doit s’associer au « dévouement  en favorisant les avancées concrètes probantes par une action politique volontaire ».

C’est la deuxième fois que le souverain s’adresse aux leaders africains en moins d’un mois. Au mois de mars dans un discours prononcé en son nom à l’occasion de l’ouverture du  Forum Crans Montana, le souverain avait insisté sur la dimension africaine du Maroc et sur la contribution du Maroc au développement du continent. Des idées qui pourraient office de leitmotiv de la diplomatie marocaine en Afrique puisque le souverain les évoque pour la troisième fois en trois mois.

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