Découverte: six nouveaux visages de la scène hip-hop marocaine

Si les Américains restent les maîtres incontestés de la discipline, la scène hip-hop marocaine commence elle aussi à se faire une place. On vous présente ses étoiles montantes à Casablanca.

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Crédit: Bizzmakers

Toto: le petit dernier

Originaire de la capitale économique, il a fait ses débuts sur scène il y a un an à peine. Pourtant, avec les membres de son collectif ZawaCity, il a déjà signé un contrat avec le label PurpleMoney du rappeur L’Artiste, poids lourd du hip-hop français. Un grand bond en avant, et peut-être la concrétisation d’un « rêve d’ado », comme l’indique son morceau « 7elmet Ado », sorti en décembre dernier et qui totalise déjà plus de 700.000 vues sur YouTube. Il travaille actuellement sur un projet d’album avec d’autres membres de ZawaCity. Un projet solo intitulé « Benjdia », en hommage à son quartier, est également sur les rails.

West: l’architecte

Rappeur depuis l’enfance, il fonde son propre home studio alors qu’il n’a que 15 ans. Dix ans plus tard, celui qui cumule désormais les casquettes de rappeur, producteur, et ingénieur du son, travaille aujourd’hui avec les plus grands. Membre du collectif Bizzmakers à ses débuts, il a notamment collaboré sur plusieurs titres du dernier album du rappeur français d’origine algérienne Lacrim. « Il m’a fait confiance pour le premier titre de l’album, le morceau ‘Traître’ qui est déjà disque d’or« , confie l’artiste. Entre temps, il a signé avec NéoChrome, le label du rappeur français Seth Gueko. Après sa mixtape « Overdose » sortie en 2016, et disponible en téléchargement légal sur le site HauteCulture, il prépare actuellement un nouveau projet dont on devrait avoir des nouvelles très prochainement.

L’ferda: l’homme à la cagoule

Cet homme-mystère, originaire de Casablanca, rappe depuis longtemps, mais n’est actif sur la scène marocaine que depuis quelques mois. Pourtant, ses clips ont été visualisés des centaines de milliers de fois. Son clip Sa.Ma.Ra #6 frôle le million de vues, et sa chaîne YouTube comptabilise déjà plus de 18.000 abonnés. Il prépare actuellement un album, mais aucune date de sortie n’est annoncée pour l’heure.

7liwa: le rap sauvage

Fondateur du collectif ZawaCity où on retrouve notamment Toto, il a lui aussi signé avec le label de L’Artiste, avec qui il a d’ailleurs réalisé un featuring. Un véritable succès, puisque le titre totalise aujourd’hui plus de onze millions de vues sur YouTube. 7liwa travaille actuellement sur une mixtape qui devrait être finalisée en juin prochain. Il est la véritable tête d’affiche de la scène casablancaise, et ses clips comptabilisent à chaque fois plusieurs millions de vues. Récemment, il s’est même retrouvé dans la playlist du célèbre magazine américain Fader.

Hoofer: le père de famille

Père de famille et rappeur? « Bien sûr que c’est possible! ». Celui qui réussit à rassembler la scène hip-hop de Casablanca, c’est lui. Membre fondateur du groupe Bizzmakers devenu aujourd’hui Monckey Business Music, et binôme de M’doc dans GhostProject, il a passé près de 12 ans en France. Grand spécialiste du freestyle, il y a côtoyé les meilleurs rappeurs français, sans jamais laisser Casablanca derrière lui, bien au contraire.

Il a sorti il y a deux mois un album intitulé « PIB » avec le rappeur camerounais Ted-X. Infatigable, il prépare en ce moment deux projets: « un en français qui s’intitulera Truc 2 Hoof, l’autre en darija pour lequel je n’ai pas encore de nom ». Au programme, plusieurs collaborations, dont une avec le rappeur français Rim’K. Si des concerts sont en attente, rien n’est officialisé « On prépare tout ça. Pour l’instant, on est à la cuisine« , confie-t-il.

Proof G Killa: le loup solitaire

Membre du groupe L’3issabaMuzik, il a longtemps évolué en soliste avant de s’associer avec le rappeur Sa3er Man. Il fait aussi partie du label Monkey Business Music avec lequel il évolue notamment aux côtés de Hoofer et West. Le titre « 3ti l’mo lowden », extrait de la mixtape éponyme, dépasse les 400.000 vues. Actuellement, il travaille sur plusieurs projets et confie s’essayer à de nouveaux styles, notamment l’Afrotrap.

Bonus

En 2013, après l’affaire du baiser de Nador, trois adolescents s’étaient retrouvés interrogés par la police, puis poursuivis par la justice pour « atteinte à la pudeur », après avoir publié la photo d’un baiser sur Facebook. Les membres du collectif Bizzmakers avaient alors dédié un morceau aux jeunes Raja, Mouhssine et Oussama.

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