Al Hoceima : Pour Elomari, les revendications des manifestants sont légitimes

Depuis le 5 février dernier, Al Hoceima est encore sous tensions suite à des confrontations entre manifestants et forces de l'ordre. Réaction de Ilyas Elomari, président de la région Tanger-Tétouan-Al Hoceïma.

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Ilyas El Omari © Yassine Toumi / TELQUEL

Une commémoration à la mémoire de l’emblématique leader rifain Abdelkrim El Khattabi a viré à l’affrontement entre les forces de l’ordre et les manifestants le 5 février à Al Hoceima et dans un village avoisinant Boukidan. Le ministère de l’Intérieur a ouvert une enquête et Charki Draiss, ministre délégué, a même fait le déplacement à Al Hoceima le lendemain des événements pour apaiser les tensions qui restent vives. Mais pour Ilyass El Omari président de la région Tanger-Tétouan-Al Hoceïma et secrétaire général du PAM, « il n’y a pas que la ville d’El Hoceima qui est sous tension ». « C’est le cas de plusieurs villes au Maroc, à commencer par Rabat où chaque jour les manifestants sont bastonnés », rétorque-t-il quand on l’interpelle sur la situation inquiétante d’Al Hoceima. Pour lui, cela « démontre bien que le gouvernement gère les protestations de manière violente que ce soit à Al Hoceima, Rabat, Ouarzazate ou Casablanca. Et ceci est inacceptable ».

L’idée du dialogue entre les autorités et les représentants du mouvement populaire née suite au décès du grossiste de poisson Mouhcine Fikri a été en effet suggérée. Le mouvement s’est dit favorable à « toute initiative sérieuse et responsable », précisant que « le dialogue est une méthode civilisée pour concrétiser ses revendications » pouvait-on lire dans un communiqué publié le 8 février. Mais à en croire le président de la région, ce n’est pas avec lui que les manifestants veulent dialoguer. « Ils n’ont pas demandé à me voir en tant que président de la région, sinon je l’aurais fait ». Et d’ajouter, « les revendications d’ordre social et économique des manifestants sont légitimes », mais n’obéissent pas forcément à un agenda particulier. « Chacun peut avoir des référents politiques. Ça peut être le PAM,  Nahj ou Adl Wal Ihssan à titre d’exemple, mais ils sont avant tout des citoyens. Et jusqu’à présent, les manifestants n’ont pas déclaré appartenir à une formation politique particulière ».

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