Abdelhak Khiame exhorte les intellectuels à encadrer la société

Dans une interview accordée à nos confrères d’Akhbar Al Yaoum, le patron du BCIJ appelle les intellectuels marocains à encadrer la société qui selon lui, est la cible d’une propagande agressive des groupes jihadistes.

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Abdelhak Khiame. Crédit : Yassine Toumi.

Le directeur du Bureau central d’investigation judiciaire (BCIJ), Abdelhak Khiame, s’inquiète, dans une interview accordée au journal Akhbar Al Yaoum et publiée le 2 février, du « vide culturel et spirituel » qui prévaut dans certaines couches de la société marocaine, victimes de la « pauvreté et de la précarité« .

Autant de maux qui participent, selon lui, au succès de l’idéologie jihadiste. « C’est pour cela que j’appelle les intellectuels marocains à renouer avec leur message originel, et prendre leurs responsabilités en matière d’encadrement de la société« , a-t-il déclaré à nos confrères.

Pour le patron du BCIJ, « tous les membres des filières terroristes (détenus par le BCIJ) disposent d’un niveau d’étude modeste, tandis que certains d’entre eux souffrent d’un vide au niveau de l’encadrement religieux et familial« . Abdelhak Khiame estime donc que la lutte contre le jihadisme ne saurait être uniquement d’ordre sécuritaire.

Le patron du BCIJ s’est également livré à quelques confidences. Interrogé sur les conditions de détentions des suspects arrêtés pour les affaires de terrorisme, il évoque une anecdote que lui a rapportée un des avocats des détenus. « Lorsque l’avocat a vu la mère de son client, il l’a rassurée en lui disant que son fils dormait dans un 4 étoiles. C’est bien la preuve que les détenus sont traités avec le plus grand soin », s’est réjoui Khiame, qui s’est longuement attardé sur la question du respect des droits des détenus.

Le patron du BCIJ a par ailleurs réfuté les allégations selon lesquelles les Marocains seraient les plus représentés parmi les ressortissants d’Afrique du nord qui composent les rangs de Daech. « Ce qui se passe, c’est que certains États comme l’Égypte, la Tunisie et l’Algérie ne donnent pas de chiffres sur leurs ressortissants partis rejoindre les groupes terroristes« , a-t-il argumenté, estimant qu’il y aurait beaucoup plus de terroristes égyptiens, tunisiens ou algériens en Libye que de Marocains, qui ne sont d’après lui qu’au nombre de dix.

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