Me Youssef Chehbi : l'accusation d'« homosexualité » contre les deux jeunes filles à Marrakech est « aberrante »

Youssef Chehbi, l'avocat sollicité pour défendre l'une des filles mineures accusées d'« homosexualité » à Marrakech, fait le point sur l'affaire avec Telquel.ma.

Par

Youssef Chehbi

Sollicité par l’association l’Union féministe libre (UFL) pour défendre l’une des filles mineures accusées d’« homosexualité » à Marrakech, Youssef Chehbi, avocat exerçant à Casablanca, livre à Telquel.ma quelques détails sur l’affaire et décrypte la soudaine libération des filles et leur poursuite en état de liberté provisoire, prononcée un jour avant le procès.

Telquel.ma : Comment avez-vous été informé de cette affaire ?

MYoussef Chehbi : J’ai été sollicité par une l’association l’UFL (Union féministe libre), qui se trouve à Marrakech et qui est en contact avec la maman de l’une des deux fillettes. J’ai répondu favorablement à la demande d’abord parce que je suis avocat, mais aussi parce que ce qu’il se passe, c’est du n’importe quoi. C’est absurde et aberrant. Ce sont des gamines qui étaient en train de s’embrasser dans une maison d’après ce qu’on dit, et qui ont été aperçues par un parent qui les a dénoncées. Il n’y a rien, sinon un acte de délation malsain d’un parent qui a dénoncé sa fille à la police judiciaire alors qu’il pouvait seulement les engueuler.

Les filles ont été libérées ce jeudi (3 novembre) à la surprise générale et poursuivies en état de liberté provisoire. Comment expliquez-vous cela ?

Ils ont décidé ce matin (jeudi 3 novembre) d’une manière extraordinaire de les ramener au tribunal sans aucune raison, alors que l’audience était prévue pour demain (vendredi 4 novembre). Ils les ont convoquées en urgence pour des motifs sécuritaires, selon mes informations. Juridiquement, ça ne veut rien dire. Ils tentent juste d’étouffer l’affaire parce qu’elle est en train de prendre de l’ampleur.

Étiez-vous au tribunal au moment de l’annonce de la décision de les libérer ?

Je ne pouvais pas y assister. La présidente de l’association UFL, qui m’a sollicité pour défendre l’une des filles, m’a appelé à 11 heures pour me dire que l’audience se tenait à midi. Un avocat a été sollicité à Marrakech mais ne pouvait pas non plus y être parce qu’il était dans un autre tribunal et ne serait pas arrivé à temps.

L’UFL a précisé dans son communiqué que le procès se tiendra le 4 novembre, vous y serez cette fois ?

Les filles ont été libérées. Elles vont passer demain matin (vendredi 4 novembre) en comparution libre. Donc elles devraient être condamnées à des peines avec sursis. Une manière comme une autre de désamorcer la crise. Cela ne sert à rien maintenant de me déplacer pour assister à l’audience. L’affaire est désormais réglée.

 

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