Ilyas Elomari: «Benkirane ne fait qu’imiter Erdoğan»

À l’occasion de l’étape marrakchie de sa tournée électorale, Telquel.ma s’est entretenu avec le leader du PAM, Ilyas Elomari.

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Le secrétaire général du PAM Ilyas El Omari à Essaouira pour la campagne électorale. Crédit : Rachid Tniouni

Après avoir débuté sa campagne électorale le 25 septembre à Essaouira aux côtés d’Asmaa Chaâbi, le secrétaire général du PAM, Ilyas Elomari, s’est rendu à Marrakech en vue de soutenir la candidature de l’ex-maire de la ville, Fatima Zahra Mansouri. C’est au siège régional du parti du tracteur que nous retrouvons le président de la région de Tanger-Tétouan-Al Hoceïma.

Telquel.ma : Quel regard portez-vous sur le meeting de lancement de la campagne électorale du PJD ? Votre parti est-il capable lui aussi de rassembler plus de 20 000 personnes ?  

Ilyas Elomari : Le meeting de Benkirane à Rabat me rappelle ceux qu’organisaient les Frères musulmans d’Égypte ou encore ceux de Recep Tayyip Erdoğan en Turquie. Les leaders de ces formations en profitent pour satisfaire leur ego. Le travail des partis ne doit pas consister en l’organisation de meetings géants. Ce que fait Benkirane n’est qu’une simple imitation de ce qu’a fait Erdoğan avant lui.

En parlant de rassemblement, on accuse le PAM d’être à l’origine de la manifestation contre l’« islamisation de la société » le 18 septembre à Casablanca. Pensez-vous que ce type de manifestations nuit à l’image de votre formation ?

Cette manifestation n’a pas nui à l’image du PAM. En tant que parti politique, nous avons adressé une lettre officielle pour rencontrer les ministères de la Justice et de l’Intérieur en vue d’obtenir des éclaircissements concernant les organisateurs de cette manifestation. Malheureusement, nous n’avons reçu aucune réponse de leur part. Nous n’avons aucun lien avec cet événement. Il a été monté de toutes pièces pour servir les intérêts de nos adversaires.

Vous voulez dire que le PJD serait derrière cette manifestation ?

De toute évidence, c’est le PJD qui est à l’origine de cette manifestation. Nous avons des preuves concrètes qu’un courant conservateur opérant à l’intérieur de la machine de l’État travaille côte à côte avec le PJD. De même, il existe un lien entre le PJD et les États-Unis qui enseignent à la jeunesse de ce parti la maîtrise des techniques du digital. C’est un secret de polichinelle. Il n’y a aucun parti au Maroc qui sache utiliser le digital comme le fait le PJD.

Par ailleurs, le ministère de l’Intérieur avait indiqué « qu’aucune demande d’autorisation n’a été formulée à l’Intérieur » au sujet de cette manifestation et le ministère de la Justice a refusé d’ouvrir une enquête la concernant. Il faut se demander pourquoi ce département agit de cette manière.

Vous avez déclaré vouloir présenter une femme face au candidat du PJD et ex-salafiste Hammad El Kabbaj, qui s’est finalement retiré.

Je vous révèle un secret. Nous avions décidé de présenter un juif Marocain, membre de notre parti, pour affronter le salafiste El Kabbaj. Mais après que ce dernier s’est retiré, nous sommes revenus sur cette décision. Avec cette candidature, nous souhaitions mener un combat symbolique.

L’annonce des candidats de votre parti en vue des élections législatives a été tardive. Comment expliquez-vous ce retard ?

Nous avons travaillé de manière sereine et préparé nos listes de façon discrète. Si les noms des candidats n’ont pas filtré, c’est que nous sommes devenus un parti doté d’un grand sens de l’organisation. Toutefois, nous déplorons le fait que le ministère de l’Intérieur ait fuité nos listes électorales.

 

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