François Hollande omet de souhaiter un bon Aïd aux musulmans

François Hollande omet de souhaiter un bon Aïd aux musulmans

Si certains dirigeants du monde ont souhaité un bon Aïd aux musulmans, François Hollande, lui, manque à l'appel. Au risque de créer une polémique de plus ?

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Le 12 septembre, les musulmans du monde entier ont célébré le sacrifice de l’Aïd al-Adha. Plusieurs dirigeants occidentaux ont tenu à adresser leurs vœux. Tous ? Non, le président français François Hollande n’a pas présenté ses vœux à la communauté musulmane, pourtant très représentée en France.

Si Barack Obama a adressé ses « vœux les plus chaleureux » aux musulmans dans le monde entier, via un communiqué de la Maison-Blanche, en déclarant que cette célébration peut « transcender toutes les différences ou limites et nous unir sous les bannières de fraternité et d’amour », aucun message de félicitations n’aura été diffusé par l’Élysée, ce qui a été remarqué dans les réseaux sociaux.

https://twitter.com/schumiF12/status/775586260454875136

Cause animale, question religieuse sensible et enfantillage politiciens

Ce manquement, anecdotique pour certains, sensible pour d’autre, n’a en tout cas rien d’inédit. Et pour cause, François Hollande a à maintes reprises fait l’impasse sur certains événements religieux majeurs pour la population française. En 2013, ce dernier s’était fait épingler par la droite française, pour avoir omis de souhaiter un joyeux Noël à tous les chrétiens, tandis que, quelques mois auparavant, il avait tenu à souhaiter un bon mois de ramadan à la communauté musulmane. Certains responsables de l’opposition, à l’instar de la députée européenne Les Républicains Nadine Morano, avaient à l’époque accusé le président Hollande d’« ignorer les chrétiens » et de faire de « l’électoralisme avec les musulmans ». Un message de « Joyeux Noël » était finalement arrivé très tard, le 25 décembre, sur le compte Twitter officiel du Palais de l’Elysée, mais la polémique avait déjà pris de l’ampleur.

Dans un contexte tendu où le fait religieux, et plus particulièrement l’islam radical, pèse sur le climat social, le président français aurait-il choisi de s’abstenir de toute déclaration en ce sens ? Nicolas Sarkozy, chef de file de l’opposition, a eu des mots sans équivoque envers l’islam, dans son dernier livre Tout pour la France, sorti le 22 août. « Disons-le tout net sans aucun esprit de polémique [sic], ce n’est pas avec les religions que la République a aujourd’hui des difficultés, mais avec l’une d’entre elles, qui n’a pas fait le travail autant nécessaire qu’inévitable d’intégration. » Quant au premier ministre Manuel Valls, il s’est montré très ferme au moment des polémiques sur le burkini. Dans ce contexte politique, la question est donc devenue particulièrement sensible.

Pour couronner le tout, certains militants très actifs de la cause animale sont montés au créneau. Le 11 août, l’ancienne icône française Brigitte Bardot a envoyé une lettre au président de la République. « Vous savez combien l’Aïd el-Kébir est un cauchemar pour ceux qui défendent les animaux, une horreur. Aujourd’hui je m’adresse à vous car en ces temps obscurs nous avons besoin de paix, pas d’un sacrifice rituel où des milliers de moutons vont se faire trancher la gorge en toute conscience et dans la souffrance », a-t-elle écrit. « Je vous supplie d’appeler la communauté musulmane à ne pas faire couler le sang, à remplacer le sacrifice d’un animal par une offrande aux plus déshérités », dispose-t-elle. Un argument de plus qui peut rendre sensible la question, et dont certains twittos se gargarisent :

Le Canada, loin des polémiques

Autre pays dirigé par un francophone, autre méthode : Justin Trudeau. Le Kennedy canadien, et chef du gouvernement canadien, s’est lui rendu dans une mosquée pour répondre à l’invitation de l’Ottawa Muslim Association, afin de célébrer l’Aïd al-Adha. Photos, tweets et publications Facebook ont alimenté la journée du leader canadien. « Ce jour est aussi l’occasion pour nous tous de souligner les contributions inestimables de notre florissante communauté musulmane qui enrichissent notre tissu national chaque jour », a-t-il déclaré dans un communiqué. Une méthode bien rodée, qui rompt avec les réticences françaises et les polémiques inutiles.

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