Maghreb Steel: le bras de fer entre les grévistes et la direction se poursuit

Maghreb Steel: le bras de fer entre les grévistes et la direction se poursuit

Des grévistes de Maghreb Steel ont organisé un nouveau sit- in devant le siège de la Banque populaire. Ils démentent être des ex- salariés et dénoncent une guerre du management du sidérurgiste contre le syndicalisme.

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Les employés de Maghreb Steel continuent leur grève. Ils étaient plusieurs dizaines à organiser un sit-in le 18 et 21 avril  devant le siège de la Banque Populaire à Casablanca après avoir manifesté devant celui d’Attijariwafa Bank le 28 mars 2016 . Les salariés ont ciblés les deux banques car elles sont « présentes au conseil d’administration (de Maghreb Steel, ndlr) et elles sont aussi à l’origine de la nomination de Amar Driss l’actuel  DG de l’entreprise » , nous explique Fettah Elmajdouly, docteur en logistique et responsable livraison à Maghreb Steel et un des participants à la manifestation.

A l’origine du conflit

Les récents mouvements de grève trouveraient leur origines dans les tensions entre les manifestants et la direction qui remontent à 2008. Selon le représentant des grévistes, « la situation était critique. Le personnel n’était pas motivé, et certains étaient même victimes de discrimination en termes d’évolution de carrière. Les dirigeants refusaient de déclarer des accidents de travail et nous menaçait de licenciement » nous raconte Fettah ElmajdoulyFace à cette situation qui a duré un peu près six ans en marge des problèmes financiers de l’entreprise, des salariés ont fini par créer en mars 2015 un bureau syndical sous la bannière de l’Union Marocaine de Travail (UMT) « dans le but d’acquérir et de protéger [leur] droits légitimes ».

Le dialogue « semblait avoir bien commencé avec l’ancien directeur Saad BennaniI il a été licencié en juin 2015 et remplacé par Amar Drissi », indique le porte-parole syndical qui accuse le nouveau directeur « de lancer une guerre acharnée contre le syndicat ». S’en suivirent des licenciements jugé « abusifs »  et des grèves de 760 des 1400 salariés que comptent le sidérurgiste.

Des événements qui ont poussé les grévistes à organiser des sit-in devant l’entreprise mais aussi devant les locaux de la préfecture du Grand Casablanca dont les autorités ont initié une réunion de conciliation mais sans succès.

L’Autre version

Amar Drissi l’actuel directeur général de Maghreb Steel contacté par Telquel suite au sit-in organisé devant Attijariwafa Bank, a tenu à désamorcer la situation. Selon lui il s’agissait d’« une action d’une minorité de 70 ou 80 ex-salariés qui ont été licenciés par l’entreprise pour acte de sabotage et qui demandent leur réintégration au sein de l’entreprise».  Il a même ajouté que plusieurs membres du groupe font  « l’objet de poursuites judiciaires pour sabotage ».

Des propos totalement réfutés par les grévistes. « Nous faisons partie d’un groupe de 760 grévistes. Nous étions au départ 1000 grévistes, mais l’actuel directeur a réussi déstabiliser 240 personnes dont une partie a rejoint l’usine alors que l’autre a accepté un départ contre des indemnités insignifiantes», explique Fettah Elmajdouly.  En plus les manifestants reprochent à Amar Drissi le licenciement de « manière abusive de sept d’entre eux  dont deux délégués de personnel et membres du bureau syndical», arguant que le directeur de Maghreb Steel « ne tolère aucune tentative de syndicalisation » ajoute-t-il. C’est la principale cause de la grève » ajoute-t-il.

Les manifestants réclament  aujourd’hui « la reprise de travail de tous les militants y compris celui des licenciés, l’annulation de tous les abus précédents mais aussi  le respect de la liberté et des droits syndicaux au sein de l’entreprise ». De plus, ils souhaitent « l’ouverture d’un dialogue et des négociations qui conduirait à la réalisation des points formulés dans le cahier revendicatif syndical » conclut Fettah Elmajdouly.

Des difficultés financières

Cette situation intervient alors que Maghreb Steel connait des difficultés financières, cumulant un déficit de 2 milliards de dirhams et un endettement de près de six milliards de dirhams.Le sidérurgiste a réussi à conclure avec ses créanciers (une vingtaine) , un plan de restructuration de la dette le 1er décembre 2015. Au 31 décembre de la même année, un examen provisoire de la société et de ses filiales effectués par le cabinet d’audit KPGM fait ressortir  un montant de capitaux propres consolidés de  près de 47,7 millions de dirhams dont une perte nette de 793 millions de dirhams.

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