Sahara : Ban Ki-Moon appelle (encore) à un referendum d’autodétermination

Dans son rapport sur la Minurso, le secrétaire général appelle également à la restauration de la Minurso et à l’intensification des aides accordées aux camps de Tindouf.

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Ban-Ki Moon. Crédit: AFP

Ban-Ki Moon a fini son traditionnel rapport sur la mission des Nations Unies au Sahara (Minurso). Un « draft » du rapport, datant du 18 avril, portant la signature du secrétaire général adjoint de l’ONU Jan Eliasson, a fuité et a été mis en ligne dans la journée du 19 avril par le journaliste américain Matthew Russell Lee. A noter que ce rapport n’a pas encore été officiellement publié par l’ONU. La présentation de ce rapport, qui n’a toujours pas eu lieu,  était prévue pour le 8 avril selon le calendrier prévisionnel des Nations Unies. Officiellement, aucune explication n’a été donnée à ce retard.

Dans ce texte,  le secrétaire général de l’ONU revient sur ses interactions avec la diplomatie marocaine et appelle à l’extension du mandat de la mission onusienne au 30 avril  2017. Le Sud-coréen évoque notamment ses tensions avec le Maroc ainsi que le retrait de 70 membres du staff de la Minurso suite à ses actions  lors de ses visites à Alger, Tindouf et Bir Lahlou.

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L’insistance de Ban Ki-Moon

Des tensions qui sont notamment dues à l’appel du secrétaire général de l’ONU à l’organisation d’un referendum d’autodétermination en vue de résoudre le conflit du Sahara.  Un appel que le Sud-coréen réitère dans l’ultime partie de son rapport, intitulée «  Observations et recommandations », où il considère « qu’il est temps de s’engager dans de sérieuses négociations sans préconditions et dans la bonne foi afin d’atteindre une solution politique mutuellement acceptable, qui permettra d’assurer l’autodétermination a la population du Sahara occidental »  ».

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Une solution politique qui inclurait, selon le secrétaire général de l’ONU, un accord concernant « le statut du Sahara occidental et la nature et l’exercice de l’autodétermination » sur laquelle les deux parties devront « se mettre d’accord ».  Une solution exclue par le Maroc qui estime n’avoir aucune alternative au plan d’autonomie présenté en avril 2007. Ban Ki-Moon suggère la participation, au titre de « pays voisins », de l’Algérie et de la Mauritanie à la résolution de ce conflit. Le Maroc considère pour sa part que l’Algérie est l’une des «  parties » du conflit du Sahara. On notera que Ban Ki-Moon ne fait aucune référence au plan d’autonomie dans son rapport.

Réinstauration de la Minurso

Ban Ki-Moon appelle le Conseil de sécurité à « restaurer et soutenir le rôle mandaté de la Minurso » dans son rapport. Pour rappel, le Maroc avait réclamé le départ de «  84 membre du personnel civil de la Minurso ». Une réclamation qui avait mené à la réaffectation de 70 membres du personnel civil de la mission onusienne vers Las Palmas, ou leur pays d’origine, selon le secrétaire général de l’ONU.  Ce dernier note dans son rapport que « 28 membres du staff de l’ONU restent désormais a Laâyoune, tandis que 25 opèrent de manière limitée depuis Las Palmas  ».

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Cette décision du Maroc a « de facto altéré le mandat de la Minurso  » selon Ban Ki-Moon.  Une altération qui pourrait être « exploitée par des éléments terroristes ou radicaux  » d’après le secrétaire général de l’ONU. Ce dernier estime que « le risque d’une rupture du cessez-le-feu ( datant de 1991, ndlr) et celui de l’escalade (du conflit, ndlr) vers une guerre complète  »  risque d’ « augmenter de manière significative  » dans le cas où la Minurso serait « contrainte à partir » ou « incapable d’exécuter le mandat qui lui a été défini par le Conseil de sécurité  ».

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Financement du camp de Tindouf

Dans son rapport, le secrétaire général appelle, comme il l’avait fait lors de sa visite à Tindouf,  la communauté internationale  à « continuer à soutenir et  à augmenter le financement » aux camps de réfugiés de Tindouf. Un appel motivé, selon le secrétaire général, par le fait que l’attention accordée à la situation de ces réfugiés est en diminution suite aux inondations dont a été victime le camp.

Le sécrétaire général appelle également à un recensement de la population des camps de Tindouf. La population des camps de Tindouf est, à ce jour, estimée à 165 000 personnes par les autorités algériennes. Le Haut-commissariat aux réfugiés (HCR), qui est l’un des fournisseurs d’aide humanitaire aux camps, estime quant à lui la population de ces derniers à 90 000 personnes. Le Maroc estime que le Polisario détourne l’aide humanitaire destinée aux camps. Un détournement qui a été confirmé par un rapport des Nations Unies.

Désormais il incombe au groupe des cinq pays appelé le « Groupe des amis du Sahara » et composé de l’Espagne, de la France, des États-Unis, du Royaume-Uni et de la Russie de s’atteler à l’écriture de la résolution concernant le mandat de la Minurso. Le pays responsable de l’écriture n’est autre que les États-Unis qui sont le pen holder (porteur de stylo en français, de ce groupe). Selon le calendrier prévisionnel de l’ONU, l’adoption de cette résolution doit avoir lieu le 28 avril prochain.

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