Propriété, insalubrité, superficie: Le logement au Maroc en chiffres

Comment et où vivent les Marocains? L’enquête nationale sur le logement urbain vient d’être rendue publique.

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Crédit : Citizen59/Flickr.

Menée en 2012, l’enquête nationale sur le logement urbain a été rendue publique par le ministère de l’Habitat et de la Politique de la ville dimanche 31 janvier. C’est la seconde étude en la matière. La précédente date de 2000. Cette enquête est censée mieux renseigner sur la situation du logement dans les villes pour définir la politique adéquate en matière de résorption du déficit d’habitats notamment.

Le nombre de constructions urbaines est estimé à 3,6 millions et celui des logements urbains à 5,8 millions. Les huit plus grandes régions abritent 80 % du parc national et 13 villes s’en accaparent 57 %. 66 % des constructions sont utilisées comme habitations. Par rapport à l’étude de 2000, beaucoup de constructions mixtes ont été recensées, ce qui prouve une progression de la domiciliation des activités de services et de commerce dans les constructions à usage d’habitation, d’après le rapport.

La maison marocaine moderne domine dans toutes les régions et les villes.

9 % du parc de logement national est vacant, la plupart depuis plus de 2 ans. Mais la majorité de ces habitations ne sont pas totalement abandonnées, mais proposées à la vente ou la location.

La surface moyenne d’un logement est de 102 mètres carrés, mais c’est loin d’être la surface médiane. Autrement dit, les villas (qui ne représentent pourtant que 4 % des logements) font exploser les compteurs de superficie. En fait, 83 % des logements ont une superficie inférieure à 150 mètres carrés et 78 % ont moins de quatre pièces.

Le pourcentage de logements raccordés aux réseaux de base a fortement augmenté en douze ans. Mais de nombreux logements restent insalubres. Par exemple, 10 % ont un éclairage et une ventilation naturels trop faibles et 9 % se trouvent en zone infestée ou polluée. Beaucoup d’habitations ne respectent pas les dimensions règlementaires minimales : 15 % des appartements ont des pièces d’habitation inférieures à 9 mètres carrés et 5 % des appartements ont des pièces d’habitation de moins de 2,8 mètres de hauteur de plafond. Tous niveaux d’insalubrité confondus (il en existe six), plus de 30 % du parc national est insalubre, 12 % des logements étant classés niveau 1 c’est-à-dire devraient être rasés.

67 % des ménages marocains sont propriétaires de leur logement, contre 63 % en 2000. La plupart des acheteurs utilisent leurs fonds propres pour acquérir leur bien immobilier. Le coût d’acquisition moyen est de 306 277 dirhams. Strictement pour la maison marocaine moderne, ce chiffre est bien au-deçà de 240 000 dirhams, ce qui, d’après les rédacteurs du rapport, justifie bien le programme des logements sociaux à 250 000 dirhams. 25 % des logements urbains sont des logements sociaux.

Cette étude estime le déficit de logements, composé du nombre de ménages occupant un logement insalubre, le nombre de ménages qui cohabitent, le nombre de nouveaux ménages formés et le nombre de logements vétustes appelés à disparaître. Ainsi, l’étude propose trois scénarios. Chacun est à mener à un horizon plus ou moins lointain et est donc plus ou moins ambitieux.