Akhannouch accusé d’utiliser des organes publics pour faire taire la presse

Akhannouch accusé d’utiliser des organes publics pour faire taire la presse

Akhbar Al Yaoum accuse Aziz Akhannouch de se venger en rompant un contrat publicitaire passé entre le journal et l’entreprise publique Sonacos.

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Le ministre de l'Agriculture et de la pêche, Aziz Akhannouch. Crédit: Yassine Toumi
Le ministre de l'Agriculture et de la pêche, Aziz Akhannouch. Crédit: Yassine Toumi.

Dans un éditorial en date du 28 octobre intitulé « Ne jouez pas avec le milliardaire », Taoufik Bouachrine, le directeur de publication du quotidien arabophone Akhbar Al Yaoum, s’en prend vivement au ministre de l’Agriculture Aziz Akhannouch. Taoufik Bouachrine accuse le ministre, avec qui le journal est en conflit à propos d’un précédent éditorial portant sur le fonds pour le développement rural, de boycott. D’après le journaliste, un contrat publicitaire liant Akhbar Al Yaoum à l’entreprise publique Sonacos aurait été rompu 48 heures après la discorde l’opposant à Aziz Akhannouch. La Sonacos aurait même publié un communiqué dans ce sens pour se justifier, document que nous n’avons pu consulter.

La Sonacos est bien un organe sous tutelle du ministère de l’Agriculture. A l’heure où nous publions, Aziz Akhannouch est resté injoignable. D’après les informations disponibles sur le site de l’entreprise, elle est également sous la tutelle de celui de l’Economie et des Finances. Et Mohamed Boussaïd a, tout comme Aziz Akhanouch, déclaré vouloir porter plainte contre Akhbar Al Yaoum pour diffamation.

D’après Taoufik Bouachrine, cette rupture de contrat est justifiée par la Sonacos par la « non-conformité de la vision commerciale de la société avec la ligne éditoriale du journal ». Dans son éditorial, le journaliste estime donc que cet aveu prouve que « certains directeurs d’institutions publiques et ministres jettent un regard sur la ligne éditoriale des journaux avant de leur donner des annonces publicitaires, au lieu de se baser seulement sur des critères objectifs ».

Le parlement se saisit de l’affaire, puisque, toujours d’après Akhbar Al Yaoum, deux parlementaires, l’USFP Hassan Tarek et Abdellah Bekkali, membre de l’Istiqlal et lui-même journaliste, auraient envoyé une lettre aux entreprises publiques. L’objet: connaître leurs critères de sélection des médias dans lesquelles elles placent de la publicité.

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