Nabila Mounib: "il y a un apaisement" des vues avec la Suède

Nabila Mounib assure que les arguments du Maroc au sujet du Sahara ont été écoutés, et livre dans cette interview les détails des arguments exposés aux parties suédoises.

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Nabila Mounib, SG du PSU. Crédit: Yassine Toumi
Nabila Mounib, SG du PSU. Crédit: Yassine Toumi

De retour de son séjour en Suède, Nabila Mounib chef de la délégation marocaine qui s’est rendue dans ce pays scandinave pour défendre la cause de l’intégrité territoriale, livre un satisfecit et assure que les arguments du royaume ont été bien entendus. Cela étant, elle insiste sur l’importance de poursuivre le travail, à travers une diplomatie dynamique, offensive et participative pour faire connaître la position marocaine et la crédibilité de la proposition d’autonomie avancée.

A votre retour de Suède, vous avez relayé des propos rassurants quant à un fléchissement de la position de ce pays. Peut-on parler de rapprochement de vue ?

Nabila Mounib: Je ne parlerai pas de rapprochement, mais d’apaisement. Beaucoup de travail reste à faire. Nous avons essayé d’instaurer un climat de confiance et d’écoute et de leur exposer notre point de vue sur la question. Cela a donné des résultats.

Quelles ont été les arguments que vous avez exposé à l’autre partie et quel était leur état d’esprit ?

Chez la plupart des Suèdois, société civile et partis politiques, il y a une sorte de certitude qui s’est installée voulant que le Maroc soit un peuple colonisateur qui exploiterait les ressources de pauvres sahraouis. Il a fallu parler des origines du conflit et leur expliquer que le Maroc a été colonisé et partagé par des puissances et qu’il n’a fait que récupérer ses territoires jadis colonisés par l’Espagne.

La proposition marocaine d’autonomie avancée est la meilleure option, pas juste parce que le Maroc tient à sa souveraineté, mais parce qu’il faut prémunir cette région qui est une poudrière. Nous avons attiré leur attention sur le fait que c’est le régime algérien, loin d’être démocratique, qui tire les ficelles. A partir de tout cela, nous leur avons dit qu’il n’y a aucun parallèle à faire entre la question du Sahara et la question palestinienne par exemple.

Nous leur avons rappelé également que si leur plus grande préoccupation de la Suède est la crise économique, il faut s’entraider dans ce contexte et non pas toucher aux intérêts économiques d’un pays comme le Maroc.  Les parties suédoises ont bien reçu nos arguments et nous ont confirmé qu’il n’y a pas de volonté de reconnaître la « RASD ».

Justement, est-on désormais sûr que les suédois n’iront pas dans le sens de cette reconnaissance ?

Il n’y a pas de certitude, aucune assurance totale. Il faut savoir que la constitution de la Suède leur permet cette reconnaissance et que le gouvernement actuellement en place n’est pas majoritaire et qu’il y a une pression de ses alliés qui lui disent : qu’est-ce que vous attendez ?  Le Maroc se doit de faire deux choses aujourd’hui : poursuivre ses réformes et initier une stratégie diplomatique dynamique participative et offensive, en s’appuyant notamment sur notre diaspora présente en force.

 

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